Encore et toujours c’est par des nuits qu’il sombre. Des nuits pleurant le désespoir de citadins qui ne cesse de tanguer.  Il est de retour, l’enfant. Le vent virevolte au creux des aiguilles indiquant minuit. Les éléments ont pris comme scène la ville, et ce spectacle a pour sujet les passions déchirantes des hommes. Parmi les âmes qui crève du fait de vivre , l’enfant meurt d’un amour de toujours. Lui qui a tant d’affect pour l’abandon, il n’a jamais autant désiré la mort.

Ses pas glissent sur le macadam d’un Toulouse post-apocalyptique, il ne rêve plus que d’une chose, le silence. L’incertitude coule de sa jambe droite tremblotante, frêle et délicat membre qui veut lutter en vain contre un lointain blizzard.

Ce n’est qu’un jour comme les autres, une autre de ces heures qui nous semble être la dernière. Une énième boutade mystique de ces êtres vaporeux qui se joue de nos chairs prétentieuses.  L’enfant le sait, pourtant, lui qui a tant d’affect pour le courage, il n’a jamais autant désiré la mort.

Il s’aventure dans un cimetière avec le pressentiment que le croque-mort de ces landes roupille. Il frissonne avec la certitude qu’il n’y a rien de plus terrifiant en ce lieu que son gardien. Le dos contre la tombe d’un inconnu, il se moque d’un blasphème transcendant les âges.

La vêprée larmoyante tonne sur le marbre un air qu’on ne cesse de connaître. Cette symphonie fait voler les fleurs fanées autrefois prisonnière de leurs conditions d’hommages. Elles s’élèvent à la recherche d’un paradis sans hommes pour les détruire.

S’il pouvait être aussi léger qu’une tige, il déploierait des ailes de papiers fait de contes qu’il a crées. Hélas, l’enfant est un songeur. Enseveli par des mensonges qu’il profère dans le but de masquer des vérités. Il scrute les alentours et y recherche le fou. Il ne le voit plus, pourtant quelqu’un s’approche. Et par un tel temps on ne peut croire qu’une chose, cette silhouette désire le voir.

C’est un homme qu’il ne connait que trop bien, c’est le reflet d’un miroir qu’il a bien longtemps brisé. Mué par la haine de n’avoir pas effacé cette existence, il convulse d’effroi face à l’apparition.

–  Il ne vient pas, il ne viendra plus petit homme. Les fous sont destinés aux passés scandaleux et aux fantasmes impulsifs. Tu n’es qu’un énième sanglot et d’autres âmes qui subissent le torrent de ces jours méritent beaucoup plus son attention réponds le reflet avec une douceur qui ne devrait être sienne. 

–  Je te connais, tu n’es qu’aspect, toi qui es prêt à tout pour me sublimer. Je refuse de te laisser maître, tu ne cesses de dévoiler des mirages auxquels je ne veux plus m’attacher.

–  Je ne désire que ton bien. Et si tu me vois comme traître à toi même, c’est car tu as bien longtemps cessé de croire en nous.

L’humidité dissout l’intégrité de ce spectre, il fond, meurtri par les afflictions qui ne cesse de pleuvoir. L’enfant a cependant le temps de percevoir dans son regard quelque chose qui l’horrifie. Son propre reflet dans la pupille disloquée du reflet.

– Qui est cet adulte ? Moi je me croyais insensible à vos fantaisies, je me pensais loin de vos idylles car j’avais d’autres soupirs auxquels j’aspirais. Des soupirs au goût de sucre et de puzzle. Je trépignais dans la curiosité de grandir et je me rends compte maintenant que je ne suis qu’un pantin piégé dans le corps du marionnettiste. Est ce qu’il est trop tard ?

Il n’y a toujours aucun fou sur la scène, et il n’y en aura surement aucun d’ici la fin de cet acte. Seul personnage de cette nuit, l’enfant se relève et abandonne son requiem.

– Si mes yeux acceptent de s’ouvrir de nouveau dès demain, cela voudra dire que je suis loin d’être à bout de moi même. C’est drôle, les jours étaient sensés se raccourcir.

A son retour, la pluie battante n’était plus violence. Tout en se jouant de la musique des tôles mouillées, le petit homme fit tout ce qui était en pouvoir pour retrouver sa maison.

-DYE

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