Fausses nouvelles de deux recueils

Tout goutte et je pluie. 

Autrefois les nains étaient des hommes comme nous, trompé par le dictionnaire on leur a conféré un statut à la fois divin et burlesque. Race oxymorique qu’on implante à la fois sous terre et dans les montagnes, petit être à la fois hilarant et exécrable qu’on représente armé jusqu’aux dents ou affublé d’un ridicule bonnet rouge. Squatteur de jardins ? Forgerons de l’apocalypse ? Qui êtes vous ?

J’en connais un, ça commence par un mal-être si grand qu’il pourrait en devenir un record du Guiness book, un froid si terrible qu’il ferait pâlir tout les blizzard de l’Antarctique. Billy oh bill bill, joyeux luron travaillant dans une corporate démesuré qui ne vit que pour le 24 décembre. Il n’est qu’une ombre de plus, un halètement au milieu du vrombissement des machines à jouets. Te fais pas de bile mon vieux bill, espèce de vieille canaille ! Grand bon à rien et petit con âgé à peine de 35 ans ! Tant d’années enchaîné à une vie qui file tel une bande passante à une vitesse automatisée, qui supporterait aussi longtemps ce rôle de personnage d’un très mauvais roman d’auteur dans lequel rien ne se passe ? Certainement pas toi.

Tu as bien fait de prendre les rennes, ils prenaient la poussière dans le garage de ce vieux bonhomme barbu, c’est grisant de vivre 365 jours dans l’attente d’une nuit impossible. J’ai tout vu bill, ta silhouette de canne à sucre et ton dos scolosié qui se faufilait dans le hangar à merde et à paille Digne d’un bilbo tolkien tu as envoyé foutre les fondements de ton existence et tu es parti. Pour vivre toute la folie que tu convoitais, il fallait bien un chamboulement qui allait au delà des codes, un pur ravage sous la forme d’un vol qui a des conséquences internationales. On dit bien souvent qu’on gagne à y perdre, dans le fond c’est un très mauvais calcul énoncé par un statisticien poète, mais cette étrange phrase, cette naïveté dans laquelle tu as puisé ton courage, tu aurais tant aimé rencontré l’être qui a ainsi ruiner l’univers en seulement 5 mots, 15 lettres !

–  Tu sais, personne ne crée les proverbes, on passe notre existence à découvrir qu’il n’y a plus rien de nouveau et que la terre est ronde comme un disque rayé qui se répète depuis des millénaires suppose le rêne névrosé qui déguste son premier bol d’air frais depuis des lustres.

– Peut être Rudolphe, mais je pense qu’un disque rayé ça surprends toujours.

– Pourquoi es tu parti Bill si c’est pour ne rien faire ? ose-il demander.

–  Je ne suis pas parti, j’ai fui.

Tout pluie et je goutte

Lorsqu’on me demande pourquoi je suis parti, je réponds que j’ai fui de manière si lâche que je comprends dorénavant ce qu’est un délit de fuite. Pourtant, la seule police qui a pensé à me poursuivre était celle de la pensée. Habité par des nuisibles phrases, mon cerveau bourdonnait tant que j’ai eu peur que du miel coule de mes oreilles. Mieux vaut prévenir que guérir, alors j’ai prévenu en mettant des bouchons de champagne. 

Pourquoi des bouchons ? Je ne supporte pas les boules quies, le simple fait qu’un objet soit une question m’interpelle beaucoup trop. Lorsqu’on me demande des quies, je réponds « qui ça ?  » et les gens ne comprennent pas, alors j’abandonne et je les envoie foutre et les gens ne comprennent toujours pas.

Vous avez déjà essayé de trouver des bouchons de champagne gratuit ? Ça paraît simple mais c’est beaucoup plus complexe qu’on ne le pense. Les endroits étoilés m’ont refusés plus d’une fois, les seuls myriades bienveillantes étaient déjà mortes à des milliers d’années lumières de là. J’ai essayé d’invoquer de l’aide interstellaire en hurlant très fort dans la rue mais je regrette déjà. Il est fort possible que dans les 60 années à venir je vois apparaître des bouchons de champagne envoyé par des astres sympathiques.

Alors je suis parti à Paris, dans la fête qu’est cette ville je comptais sur deux tirs perdus de mousseux. J’ai tracé sur ma carte un parcathon pour visiter tout les espaces verts de la capitale de peur de m’habituer trop au gris. Mon sac était beaucoup trop lourd alors je l’ai abandonné, sur un banc et je me suis installé à quelques mètres de là dans un buisson, j’étais curieux. En 2 minutes il avait déjà trouvé un autre propriétaire qui n’a pas hésité à l’embarquer en suintant de panique. Il a couru comme jamais en jetant en arrière des regards que j’esquivais du mieux que je le pouvais de peur de me blesser avec.

Je n’ai pas vu son visage mais j’ai étudié à la perfection ses pieds, deux belles pointures 44 au chaud dans une paire de boots timberlake, les plissures du cuir des baskets souffraient, la respiration du jogger avait la présence d’une locomotive vapeur, bruyante et odorante vitesse, douloureuse tentative de percer le mur du son discrètement.

Je ne pensais pas que mon départ créerait d’autres fuyards, l’envie de se barrer c’est comme une gangrène ce qui explique pourquoi la suisse n’accepte pas le vagabondage. Mais ici on n’est pas en suisse, c’est étrange mais ça se discute, le jardin du Luxembourg ça n’a rien d’un pays à chocolat et les seuls chèvres qu’on y croise sont tenus en laisse et sont appelés « chiens ».

Libéré de quelques tonnes de vie, j’aurai voulu avoir des ailes, une armada de pigeon me charriait, leurs roucoulements semblable à une armée de trolls d’internet. Je m’en accommode peu, ces chieurs sur épaule ne valent pas mieux que moi, je ne leur donnerai même pas le plaisir de les forcer à décoller, qu’ils restent au sol à gamberger sur leurs insipide existences.

Je suis sorti du parc à temps, un gardien de nuit agitait une cloche pour annoncer la fermeture. Le soleil brûlait les yeux de cet homme dans l’espoir de lui rappeler qu’il n’était que 17h30 mais son annonce laconique parcourait le parc.

J’ai marqué sur les quais de seine dans l’espoir qu’une péniche crache les fameux bouchons, la plupart des riches étaient assez fourbe pour le garder, le simple fait que je les désirais sembler stopper leurs frénésies…

-DON

 

 

 

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