Impuissance.

Ce mot automatique qui murmure dans mon oreille les songes de ces secondes trop longues. Des grains de minutes passés à cogiter pour savoir quoi faire, à m’éclater comme un pétard mouillé dans une flaque en antarctique, vous avez compris ? C’est un mot  qu’on transforme, on en rit, on en fait des blagues, on n’en parle pas mais elle est là. Plus proche que vous ne le pensez, elle habite vos pensées.

L’impuissance c’est une longue histoire, c’est un résumé de ces maux que j’étale aussi bien que de la confiture sur une tranche de pain de vie. Quand la violence se manifeste dans les rues, je me fonds dans les ruelles sombres dans l’ombre des brigands. Quand je repense à l’unique être qui me hait sur cette terre, je la vois me bouffant lentement, elle me savoure patiemment, sachant que je reste soumis à ses couverts de fer, à son empire de reine, moi,  impuissant.

Quand je te vois briller d’un bonheur que j’aurai aimé partager, toi petit soleil entreprenant, tu m’éteins comme un nuage. C’est un peu comme supporter volontairement une épine dans le pied. En parler ôterait toute douleur, briser la glace pour en appliquer sur mon orteil boursouflé, que demander de mieux ? Mais je ne peux pas, et c’est un pouvoir qu’on dit vouloir. Mais je ne veux pas, mais est ce vraiment mon vouloir si je me dis sans pouvoir ?

Quand les paroles d’une hiérarchie sont si salés que ta langue déshydraté est sur le point de tomber. L’amitié m’abreuve de sa source rafraîchissante mais je me dépéris au quotidien, je suis sec, brisez moi comme une brindille si ça vous amuse, ce n’est pas moi qui l’a dit c’est Elle. Les signes sont là. Mon remède est une des incantations la plus connue des sociétaires. Malheureusement aujourd’hui désuète de sens, on la ressort aussi régulièrement qu’on marche. On appelle ces formules magiques ‘les bonnes intentions’ ou bien si vous préférez  » la politesse ». Souvent cela mène à des « ça va ? » qu’on mâchonne avant de l’éjecter de soi très vite, pas assez de sincérité désolé.

Quand les « on dit » deviennent des rumeurs, et que ces rumeurs se parent de rancœur. C’est un vrai défilé de Rio masqué, vous croiserez dans des groupes sournoisement des idiots masqués qui vous riront au nez. Quelques temps plus tard, lorsque cela vous explosera sous le même nez qui a accueilli ses railleries, vous serez bien embêté. L’impuissance n’a pas besoin d’agir, les autres rappellent qu’elle est bien à sa place en tant que spectatrice.

Elle sait être subtile, assez pour que je sois celui qui me crache à la gueule. La salive qui fuite sur moi, pure résultat de ces larmes que je suis incapable de produire en grande quantité.  L’impuissance c’est l’usine de la catharsis en panne, c’est la fumée des grands dramaturge, le goudron couleur soir qui englue l’univers.

Elle me met en boule, je mute en hérisson qui a perdu tout ses piques, une peau de plus qui m’a été arraché, bientôt je n’aurai plus assez de couches pour exister.  Ma peau exposé fait office de viande à infinitif, faites en ce que vous voulez elle est malléable à souhait. Vous pouvez la hacher, la torturer, la découper, la hanter, l’aimer pour ensuite la larguer, la détester, lui dire qu’elle devrait apprendre le respect. L’envoyer bouler, l’insulter oh oui ça c’est ma préférée vous dira Impuissance si vous la croisez. Cette maline me présente tout en me saupoudrant d’épices de troubles, c’est une chef de renom qui assaisonne et parsème ses discours jour après jour.  Le plat n’est jamais de très bon goût car je déglutirai toujours, manipulable mais toujours vivant soit le bon cocktail des plats ragoutants. . Si vous n’avez jamais eu le supplice de manger essayer d’avoir la douleur de vivre, on avale beaucoup moins facilement cette dernière.

L’impuissance est un flottement long et impalpable, certains vous diront que c’est une excuse, une pathétique tentative, un blocage qu’on s’est crée soi même. Si on les écoutait on pourrait croire que nous n’avons rien d’hérissons dénudés. Nous sommes selon  leurs sciences des castors acharnés. L’impuissance est notre barrage contre les courants de ce monde, une idéologie qui veut dire non aux tempêtes du JT de 20 heures et aux pauses déjeuners aux relents d’apocalypse mais qui bégayera : « Oh chouette. »

De toute façon pas la peine de s’inquiéter trop longtemps, elle n’a qu’un but c’est nous destituer de nos titres d’identités. Son rêve est de mettre en point mort la bagnole de nos existences. Elle veut crever nos pneus, nous interdire d’appeler la dépanneuse, bref elle ne souhaite qu’une chose : qu’on végété à jamais en 2018.

Un 2018 éternel rempli de zombies qui n’osent pas s’aborder, un intemporel 04:11 dans lequel cette chieuse picore les petits rien qui nous reste, les miettes d’envie et de fantasme.

Rien n’a jamais été aussi impossible que cette folie pourtant me voilà, un fou. L’impensable opération nécessitera de me disséquer sans m’éparpiller en lambeaux, les mois qui suivront seront l’oeuvre d’un seul chirurgien qui fait aussi office de patients. Cet étrange charcutage, cet envoi en abattoir, cette exposition de tripes et de coeurs, c’est un long processus sans consensus. Il n’y a plus qu’à attendre ? Faux va t’en de cette phrase impuissance.  Je cultiverai l’inquiétude de mon entourage dans le jardin du souci, j’en mangerai les fruits pour resplendir à l’avenir. J’apprendrai à déjouer ta malice ce qui est plus facile une fois les règles de ton jeu en tête. Tu ne feras plus de moi l’esclave de ce que je suis. J’ordonnerai que s’ouvre la porte aux milles lendemain pour enfermer ton existence derrière cette sortie de secours, cette sortie de toujours.

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s