La fameuse étape.

Point de non retour. On m’a balancé que c’est juste un conte de fée pour adultes pour se rassurer d’avoir merdé. On ne dit pas aux enfants que ce qu’ils vivent est trop beau pour durer, on leur dit qu’ils grandissent sans plus. Je ne sais jamais avant de m’exprimer si ce que je vis est un cas rare. Si je suis un spécimen en voie de disparition que l’humanité enfonce encore. Si je suis une girafe dont le cou ne cesse de s’étendre pour trouver une planète ou s’enterrer. Car la terre se fait déjà des vieux os sous du granit, laissez moi m’étendre vers un espace plus fertile.  Je reste donc l’animal meurtrie que certains définiront comme différent et si spécial, mais qu’est ce que ça veut dire ? Je ne suis pas non plus un barbare.

A vos yeux, il y a t’il des choses que je dois changer ? Dans cette bulle de contacts ne suis je pas la personne capable de tout faire éclater. Arrêtez moi si vous le pensez ou envoyez moi en croisade personnelle. C’est la moindre des choses à faire, on est tous coincé entre nous après tout. A jamais chevalier des conflits mais pour toujours rêveur d’un cimetière sans morts de guerres.

L’ébauche achevée, le dessin tiraillée, toujours achevée mais jamais acceptée. Vous voulez vous renseignez ? Le sujet de ces traits c’est l’innocence que j’ai préservé, cette lâcheté pure qui m’empêche de dire la vérité : NON. Je ne sais pas si une sorte de passivité intense s’est crée, si je voulais me voir en modèle de la bonté ou si mon empathie n’a cessé d’éclater pour rien. Je ne sais pas quand j’ai vraiment merdé, car je me doute qu’il y a de nombreux moments ou j’aurais du dire STOP. Ma colère est là, je l’invisibilise par peur de muter en une créature autre que moi, mais j’ai toujours été cette horreur de justice qu’on tente de taire.

Je ne peux nier que rien n’est manichéen, que mon gavage aux conflits niais m’a forcé à me dire qu’il y avait une solution non violente à tout. Je constate maintenant que les discours bienveillants servent mais qu’ils ont tous une limite. Le problème, c’est ce déchaînement qu’on doit exprimer qui est toujours exagéré. On veut éviter les pots cassés, les constructions sociales fissurés, les morts même sociables, la fin d’un duo tragique.

Pour ça on assure en permanence un filet de sécurité dans laquelle on attrape les papillons de la discorde. On les enferme parfois dans des prisons où l’air est rarement respirable, ou nos congénères ne sont plus que de la haine flottante. Comment assure t’on avec du recul que tout va bien ?

Il n’y a pas de happy ending, car ce qu’on vit transparaît de manière si mitigée qu’on n’en voit plus le bout. Le bonheur pure et simple qui est plus qu’inspiré de faits réels, c’est si mythique que c’est le sujet de toute thèses et de toutes œuvres de fictions. On veut atteindre cet idéal, parfois au prix de sacrifices qui rendent cela plus que sombre. Ne dites jamais que vous répandez uniquement le bien, vous avez surement déjà fait du mal et vous ne serez jamais parfait sur ce point là.  Et c’est tant pis car les anges ne pourraient pas vivre chez nous.

Et pour se rendre compte de ça il faut être passé par le point de non retour, celui qu’on a en grandissant et en quittant l’innocence de ses jours passés à jouer aux billes et rien de plus. Une innocence qu’on quitte pour retrouver lorsque l’alcool nous pète le bide et que notre vision ressemble à un kaléidoscope explosé par exemple. C’est sociable mais c’est surtout vraiment gamin de boire en fait, ne prétendez pas que vous avez 20 ans de moins en vous enfilant une bouteille de vodka. Il y a ce rapport étrange ou notre impulsivité de mioche resurgit dans nos idéaux d’adultes, parfois notre joie de gaga et de gouzigou n’est plus capable d’exprimer les délires qui nous agressent. Ces délires qui font fuir tout bon sens, qui ne pensent qu’au plaisir premier avant de penser à une potentielle conséquence seconde.

Et la drogue ? Mais quel débat c’est pareil mais ça dépend. On étudie bien ce simple besoin qu’a l’homme d’oublier en s’échouant dans les rivages de la confusion. On scrute ces habitudes et ces névroses qui naissent de l’immédiat désir d’en finir avec la douleur. La drogue tout comme l’alcool, si on les consommes de manière exponentielle, c’est bien car on a envie de fuir le temps.

Car le temps est notre éternel ennemi, le temps est le vrai méchant de toute histoire, mais sans lui rien ne serait aussi magique. C’est bien le paradoxe le plus con que nous vivront pour les siècles à venir, le devoir de fulminer contre ce qui nous fait vivre. Méditez sur cette phrase et en l’appliquant comme un patchwork vous en viendrez à la conclusion que c’est étrangement véridique pour beaucoup de choses.

La fameuse étape, c’est la sagesse des secondes qui sont aspergés sur ton visage, comme un jet d’eau qui te réveille ou une claque qui te transperce. Le prélude de cet instant deviendra une absurdité inimaginable en y repensant. Cette ignorance se transformera en une chose si peu croyable qu’on lira notre vie comme une fable.

Les lapins sont tous morts, tués par des chasseurs, la mort est un jeu et c’est un constat d’adulte. Les lapins sont heureux, vivent en cage pour être bouffés, ne le dîtes pas aux bambins mais panpan est dans leurs plats découpés. Le père noël est irréel, son gros bide est ressorti par la cheminée. Papa l’a tué, c’était un cambrioleur, maintenant papa est loin mais ne me dites pas pourquoi.

Puis vient l’étape, puis vient l’étape.

Dis pourquoi je ne me sens pas moi même ? Pourquoi je hais tant ce bout de chair dans lequel je suis ? Est ce que je suis ça vraiment ? Cette main, cette horreur ! J’aimerai mieux me sentir comme une âme plutôt qu’une enveloppe de doigts et d’orteils, mais ce n’est pas comme ça qu’on me décrit lorsque de ces mêmes doigts on me dit que je suis laide.

Puis vient l’étape, Puis vient l’étape.

Des choses poussent en moi, je ne comprends plus. Je suis un jardin de l’horreur des pustules en formes d’oignons me font hurler. Ou est le bénéfice derrière toute cette souffrance, c’est idiot pourquoi je suis aussi mal conçu ? Faites de moi un esprit là bas je pourrai vivre libre, loin de cette contrainte qu’est ce cœur qui ne me fait plus rire.

Puis vient l’étape, puis vient l’étape.

Je rembobine et j’accélère, ça fait sens je me sens plus clair, je suis devenu l’éclair de conscience que j’espérais, l’étape est là mais je suis toujours aussi ferme. Ma peau dépasse, je ne cesse d’évoluer. Mes rides se multiplient mais de cette sagesse on retient que je suis pourri. L’étape est là en permanence, comme un très vieux confident. L’étape ne cesse d’être présent et il me manquait peut être bien avant ma naissance.

C’est vraiment la galère non ?

-DLF

Pardon pour eux autre moitié.

Je le sais, ça n’a jamais été mon rôle de rédiger des lettres de pardon. La mouise se crée de partout et je ne peux contenir ceci même avec le plus performant des aspirateurs de la terre. La merde s’entasse, pas assez de sacs pour emmagasiner tout ça. Les dictatures nous ont hélas bien appris que tout fuitait et que ce soit des bonnes choses ou non, le monde parfait n’a rien de réel.

Ces utopies où le respect triomphe resteront surement des rêves jusqu’à ma mort, il y aura toujours un connard pour faire couler les navires du futur, pour immerger le bonheur.  Je ne sais pas qui sont ces capitaines salaud qui gèrent des bateaux. Beaucoup d’entres eux ne se rendent même pas compte de l’enflure qu’ils coulent dans leurs liquides gastriques. Ils sont piégés dans leurs costumes depuis maintenant tant d’années, que le retirer leur causerait une douleur semblable à un arrachage de peau.

J’ai connu cette douleur grâce à mon entourage, mais lentement, mais surement, mon costume était un peu englué par le temps mais avec de la patience j’ai retenu pour pouvoir m’aimer de nouveau. Ça te met à nue, ça gène, ça dérange, c’est comme ce fameux rêve ou tu te retrouves à poil devant une classe entière. Le caleçon c’est ta honte, des petits commentaires qui t’échappent, des blagues qu’on croit marrante mais qui ne le sont jamais, dire « tu prends ton pied » à un gars amputé des jambes qu’on n’a jamais vu de sa vie par exemple. Ça déglutit en toi et tout ces bourdonnements, ces interrogations, ça appelle parfois mr colère, un être tout rouge et souvent irrationnel.  La peur et le dégoût  jouent souvent très mal pourtant ils voudront s’inviter au casting car ils sont célèbres. Vous pouvez trouver d’autres acteurs pour ce film qu’est votre vie. Je pense encore avoir quelques accessoires de machisme qui surgissent par moments, une impulsion d’éducation que mon père m’a inculqué sans même avoir à le dire.

Je ne sais pas quelle genre de conscience irréelle m’a exclu de cette influence mondiale, de ce paternalisme de grands parents qui te promettent des femmes dévoués et des muscles en épinards. Etape par étape j’apprends de ces erreurs, je constate que j’ai vécu certains moments comme un robot, je déconstruis mes automatismes grâce à des dé programmeurs qui scannent avec perfection mon parcours. Quand j’étais petit, on voyait en moi, seul garçon de la caste un avenir étrange qui n’a jamais été le mien. On me distribuait insensément des avenirs où avoir la corde sensible pouvait être une blague. J’écrivais, je m’exprimais et je ne me suis jamais affirmé comme le mec qui apparaissait sur la première de couverture de Brico-bonhomme magazine. Mes parents ont peut être compris ça, il y avait toujours ce sous-entendu qui limitait mon adolescence à une traque de la femme et à des ballons qui rebondissent.

On m’a collé cette étiquette de gars « intelligents » car on ne pouvait plus vraiment me voir juste comme un mec. Soit ça soit j’étais une pédale, tant pis alors ? Super merci j’ai grave le choix à ce que je vois. En réalité je n’avais rien d’une grosse tête et ma fragilité suintait de partout. Ma vie à l’enfer a été un collège, Dante aurait pu écrire une suite à son enfer en s’inspirant de ce que j’ai vécu. Bien sûr il y a surement pire mais à cette époque les larmes étaient parfois de verre. Prenez donc ce quotidien qui à travers ma bouche se cracheraient presque accompagnés de sangs et de tristesse dilué à l’effroi. Servez vous, que ça vous serve bande de cons.

Dans le fond, j’aime à penser que cette souffrance m’a permis d’aller au delà de moi, dans mon existence si solitaire il y avait cette ligne de pensées réservée aux autres, car il représentait l’espoir d’un monde plus chouette que j’étais incapable de porter. C’est à ce moment là qu’est apparu un autre bâtiment supposé changer mon existence.  Le lycée et le constat que my home sweet home deviendrait plus invivable si je gardais ce que je savais, j’ai mené mon enquête quotidienne.

J’étais la définition parfaite d’un détective privée, je décelais le sexisme ordinaire dans mon entourage et je faisais des rapports personnels qui m’influeraient pour le restant de mes jours. Ma mère soutenait parfois avec un sourire léger mais honnête mes petites piques, mes corrections mais ça n’allait jamais vraiment très loin, je ne menais pas de débats exacerbés avec des oncles, des tantes, des gens qui partageaient mon sang mais pas mes opinions surement.

Pourquoi toutes les femmes se lèvent pour débarrasser ? Et pourquoi je suis le seul petit garçon à vous aider ? Pourquoi il y a cette étrange séparation, venez on se met tous sur une table ? Pourquoi vous buvez en premier ? Pourquoi vous cuisinez tout le temps dites pourquoi ? Pourquoi vous les attendez ? Rentrez chez vous si vous voulez, maman tu peux rentrer. N’attends pas papa il va boire surement toute la soirée avec ses potes mais tu n’es pas son chien de garde il est grand. Je sais que tu ne le feras pas mais pourquoi ?

Pourquoi attendre…. ?

J’ai toujours pensé que ma voix était timide, qu’elle n’aurait pas l’impact que j’attendais, qu’elle s’écraserait avec force mais qu’après ce crash qu’il n’y aurait pas d’ambulance pour venir me ramasser à la petite cuillère et me soutenir. Encore aujourd’hui je laisse passer les filantes insultes, soûlés par la conclusion qui fait que l’hostilité gagne. Toutes ces questions, elles sont encore coincés dans ma gorge, je ne les ais jamais exprimés. Mon culot de mec n’est qu’un mythe tout comme le reste, je n’ai rien d’un homme si un macho vous le demande, je suis par contre un type sacrément à l’écart.

Je ne vends pas ma famille comme une secte démoniaque, ils sont loin d’être les pires, avec le temps j’ai même vu un semblant de progression, les pourquoi ont eu des réponses: Les hommes ont cuit des aliments, des mains de mecs ont touchés du liquide vaisselle, débarrassé la table. J’ai regagné une fierté que je croyais avoir perdu alors que j’approchais du moment où j’espérais partir loin de tout ça. Même avant ça a toujours été le fameux ordinaire qui dérange, celui que j’aurais pu dénoncer sans finir banni. Parfois je n’avais même pas a lancer le débat, la remarque était faite, rebondissait pendant quelques repas puis un beau jour ça changeait.

J’étais heureux de constater que tout n’était pas destiné à devenir ce qu’on nous vendait, une société ou c’est normal de se cantonner toujours au même rôle.

Au milieu de ce climat mitigé qui n’était pas le plus safe des espaces, j’ai compris avec l’acquisition de la liberté extérieure qu’il y avait des endroits en dehors des murs encore plus oppressants.

Et ça commence, la triste histoire pour laquelle je m’excuse mesdames, cette longue liste de complots qui s’avèrent étrangement réel. Ces incidents que vous n’exprimez pas mais qui vous arrive en permanence, ces habitudes qui font de vous des conquérantes. Il va falloir qu’on cesse de vous peindre en dessous de nous, vous avez gagnés c’est trop tard, on a beaucoup trop merdé pour revenir en arrière. Les gars avant moi se sont placés en maître et m’ont refilés des privilèges sans que je m’en rende compte, ces connards nous ont maudits tout comme vous. On est obligés de vivre avec la peur constante qu’on peut être le salaud qu’on redoute.

Pardon le monde, on merde mais c’est aussi car on est victime sans s’en rendre compte.

On est gavé aux shots de clichés et d’adrénaline, le respect se tue à coups de flingues et de pouvoirs psychiques dans nos dessins animés. On bouffe des bols des des bols de virilité, ça crame notre cerveau jusqu’au point ou on choppe des diabètes qui nous oblige à réguler notre taux de sensibilité. Il faut réguler tes émotions ça ne va plus, déguste ton coup de poing et ton sport de combat pendant que ta soeur coiffe des meufs plus fines qu’un cure dent. On imagine mais jamais trop, on a ce privilège mais surtout ne t’éloigne pas de ton flingue et de ta froideur masculine. On baise comme des animaux imaginaires qui auraient perdu toute dignité à être ce qu’ils sont, puis on accuse Dame Nature qui de loin pète un cable.  On frappe car on pense en avoir le droit tout comme on juge avoir le pouvoir de dire ce que vous vivez. J’ai pas de chatte ? Et alors ? J’ai pas de règles ? Et alors ? Pourquoi vous m’excluez depuis le départ je mérite une place sur tout les podiums vous êtes en train de me dire que c’est plus possible ?! Moi aussi je pisse du sang depuis mon nez, n’essaye pas de m’expliquer ce que tu vis je suis sur je sais ce que c’est.

Et puis bam ça arrive, la révolte de ceux qui ont déjà tout mais qui ne s’en rendent pas compte. On débute en vous donnant des noms d’animaux car tout ce que vous dites sera comparé à un hurlement et non à du langage. On vous viole et on continue de dire que c’est rien, on vous tue mais non non continuez, tout va bien. Et une fois que tout est révélé, on cache tout. C’est pas une question de genre nooooooon, c’est juste un hasard, un hasard qu’on voit tout les jours en grosses lettres dans les journaux, un hasard régulier, un hasard étonnamment récurrent. A l’heure ou je vous parle ce hasard marie des meufs de force, excise des petites filles, viole des jeunettes dans sa chambre ou même dans une ruelle. Elle avait qu’à pas porter une jupe dis le petit con en bermuda, et oh tu vas la fermer ta gueule de suceuse et me respecter crache le plus ignoble des crevards.

Ce petit bout de malchance traite de pute l’univers jusqu’à qu’il la ferme, cet infime fait divers se multiplie et le plus triste c’est qu’il suffit de le demander. Et ça fait alors mal, ça va vous détruire les gars je vous assure vous n’êtes pas prêts. Vous avez pas les couilles pour apprendre le nombre de viols et d’harcèlements qui se perpétuent chez les gens que vous connaissez. OH ! Vous voulez un indice ? Vous êtes marrant en fait, je vais même vous donner la réponse. Ca se compte pas, c’est comme si on te demandait de compter tes pas et tes respirations, ça se compte plus sinon à quoi bon ?

Un truc qui dépasse et voilà.

Je fuis ces « on » et ces « nous les mecs », je ne sais pas qui sont ces mecs mais moi j’en fais pas parti bye les gars.

Désolé pour ça Mesdames, l’autre moitié de la race humaine a été lobotomisé, la vérité s’est masquée et je me suis habitué au fait que vous soyez nos justicières. De vous j’ai appris pas mal sur moi, j’ai compris qu’avec une paire de seins j’aurais été la mal-baisée de service qui ferait mieux de ne rien dire. Ça se joue depuis le début de l’humanité, c’est tellement gros que ça passe partout, j’enlève mon cache-œil pour compatir. Ce n’est pas terminé mais c’est déjà mieux que de marcher en aveugle à vos cotés.  Dès le départ on aurait du garder nos armures et nos rôles de chevaliers, il a juste fallu qu’un guignol vous foute des robes pour justifier qu’on soit les héros de cette histoire. En réalité vous avez toujours eu la même place que nous, on aurait dû tous depuis la nuit des temps porter le même costume. Je crois au jour ou on aura tous la classe, je me trimbalerais en robe de métal en dansant sur du dalila, parfaitement conscient que j’emmerde celui qui croit se placer au dessus de la bienséance. Tant pis à ceux qui jugent que le féminisme c’est du luxe et que nous vivons dans un délire de conte de fée, je préfère vivre dans un endroit ou les licornes existent plutôt que dans un univers ou c’est acceptable de traiter ses semblables comme de la merde. Si pour eux le luxe se compare au droit de vivre, qu’ils retournent dans ce confort de despote on finira par les déloger de toute façon. Vous aurez un jetpack et des missiles qui expulsent des vérités aux cons qui ont décidés d’ignorer, peu importe l’arrachage de peau, peu importe ils ont dit non. Je serai là quand il faudra, pas trop s’il le faut car à quoi bon aider si c’est pour oppresser de nouveau. J’écouterais vos critiques et je saurais différencier potentielle misandrie (enfin ouais ce truc qui n’arriva jamais quoi) et blessures méritées. Alors voilà, vivement que le restant de nos jours soient le plus fabuleux des festins, l’happy ending qui n’est pas de trop. On pourra leur prouver qu’on ne prône pas la fragilité, ce qu’on vend c’est un pas de plus à l’écart de la stupidité.

-DOUI

Rendre le splendide.

On dit que les super-pouvoirs n’existent pas, pourtant les hommes sont des êtres occultes et ébouriffants. Il suffit de voir l’écrivain qui nous transmet depuis l’autre bout du continent un cosmos qui n’a aucune consistance. L’art téléporte, il nous plonge dans la science fiction que nous méritons mais pour laquelle nous ne serons jamais dignes. Cette culture nous fait rêver, nos oculaires s’égouttent au nom d’un amour presque inexistant. L’art est une idylle qui nous transforment en passoire à émotions. Une île secrète ou s’échoue les paquebots-lecteurs qui par millions attendent le jour ou l’aventure sonnera son cor.

C’est aussi un subterfuge, pour moi en tout cas je l’utilise comme issue de sortie lorsque je souhaite quitter la vie en douceur. Mais lire et écrire sont deux poids de raisons différentes, car dans mes envolées baudelairiennes, je me soucie un minimum de cette chose qu’on prénomme talent.

Aujourd’hui j’ouvre la salle d’entrainement de tout artiste, mes yeux sont à l’écoute premier exercice la description. Il faut prendre un iconique détail, vous savez cet amusant remue-ménage qui n’en reste pas moins frustrant ! Vous savez cet élément de votre vie que vous êtes incapable de ne pas voir. Une tâche de sauce tomate sur la chemise d’un garçon que vous aimez ? Une chaise qui n’a rien à faire autour de cette table ? Un déchet posé à un endroit tellement visible qu’il en devient extrêmement énervant ? Une tasse non rangée ? Une chaussure seule ? Une personne qui rit si fort que son rire percute le mur du son pour rebondir avec gloire jusqu’à tes oreilles ? Une odeur de gaz qui te fait délirer de plus en plus ?

Lorsqu’on se doit de montrer, il faut prendre conscience que chaque description a son lot de personnalité. On ne peut pas dessiner en détail chaque élément visibles, car on décide d’omettre comme toujours en écriture. Nous ne sommes pas des miroirs, ou peut être que ce qui fait de nous des êtres de beauté c’est le fait que nous sommes pétés. Que nous reflétons une réalité fragmenté, une réalité à reconstituer à partir de petits bouts de tout et de rien ?

Puzzle de confusions, transformez vous.

Pensez y lorsque vous vous plongerez dans du Hemingway ou dans Sido. Dans notre poto Rimbaud et Verlaine le type qui traîne toujours dans le coin.  Et si le King dénommé Stephen choisit de vous montrer un hérisson, c’est qu’il est métaphoriquement ou non symptomatique d’une noirceur à venir. Les ténèbres entourent ces piques aiguisées, les horreurs vont naître de sa fonction vibrante (si mignon et pourtant ? )

Beaucoup vous diront que trop exposer c’est détruire le livre, il est vrai que si vous voulez une masse de détails rien ne vaut un bon film ou une série animée. Ce qui m’a toujours plu dans le bouquin c’est ce pouvoir, ce mystère de créer le splendide et de restituer une sincérité qui n’est pas toujours visible. C’est la virtuosité des grands hommes qui te peignent un tableau inconcevable avec un peu d’encre et sans chevalet.

Bien que j’ai compris le principe,il me manque le suspense, l’action et l’émotion qui sont des concepts qui me filent entre les doigts comme du sable à la plage. Je reçois en continu des bourrasques, des voies lactées d’inspiration où chaque grain chatoyant représente une idée qui peut s’annoncer lumineuse ou déjà crevée.

C’est un long processus étape par étape, et je m’entraîne, et j’y arriverai.

Par exemple prenons ce coin.

Il y a un magnifique meuble de bois que j’ai trouvé un jour en galopant dans les rues de Toulouse en pleine nuit. C’est un petit meuble en bois sombre aux rayures noircis et qui a des grains moyennement clair. Sa couleur fait contraste avec l’énorme cendrier en bois à sa gauche qui a la forme surprenante d’une femme portant un pot qui fait office de tombe à clopes.  Cette femme est faite en faux bois, le contact avec elle est rugueux, peu agréable , elle est splendide. Elle crée toujours un éclatement de voix, ces odes prônent la perfection de ce cimetière portatif que j’ai hérité de ma grand mère. Le meuble sombre porte sur sa tête une guitare qui s’enrobe d’un noir très profond. On pourrait se noyer dedans si la lumière provenant de ma fenêtre ne le drapait pas d’une teinte grisâtre. Le temps est peu enclin à procurer à cette guitare la beauté de mille soleils. Alors elle s’habille comme elle le souhaite.

Dans ce petit recoin ou tout semble ténébreux, il y a une bouteille de bière à l’étiquette jaune qui me fait un clin d’œil. Il y en a une autre beaucoup plus basané qui gigote et qui meurt d’envie de sauter. La plus jaunie reste à l’écart, elle n’est pas trop à sa place, les colorés n’ont pas le droit à tant d’attention tout en haut.  Une corde à sauter blanche tente de s’enfuir sur un paquebot fait en caisse de bois posé juste devant cet univers dictatorial.

Il y a toujours quelque chose à dire, sur le moindre des détails une histoire à raconter, tout vos lieux de vies contiennent des fourmillements de potentiels que vous n’explorerez jamais si vous ne faites rien mûrir. Vous l’avez surement déjà fait, je te vois tendant ton doigt vers un petit chien apeuré, à te faire un sang d’encre pour lui, imaginant les terreurs qu’il a du vivre dans ces inhospitalières nuits dans la ville. Vous ne ressentez donc aucune empathie pour ces gri-gri qui ornent nos murs et nos sols ? Un peu d’efforts et vous deviendrez un bon baratineur onirique comme je le suis.

Lorsqu’on devient baratineur professionnelle, la description n’est jamais vraiment quelque chose qui peut remplir une page entière. C’est un mode de pensée qui t’ouvre à considérer qu’il y a un peu de magie et de poésie en tout. Il y a eu ce mouvement qui a libéré les poètes des descriptions de paysages de verdures et de belles femmes, douce époque. Nous nous sommes rués sur les mochetés de notre siècle et sur les banalités en dehors du monde mondain pour créer des chefs-d’œuvres. Faisons de même de nouveau avec notre environnement, avant d’être un texte faisons de ce mode de pensée un moyen quotidien d’analyser.

La description deviendra un déclencheur, n’en abusez pas trop votre cerveau en sera retourné cependant.

-DOD

 

Posé #1

Tout est si épuré, et moi qui hait le blanc hôpital je réapprend à aimer cette couleur crème, cette couleur lait qui m’écœure souvent quand je l’avale avec mon iris. Je suppose que c’est une couleur végétale, quand le lait est d’amande, même mes yeux châtaignes apprécie son toucher,  son odeur mais surtout son goût (sans blague).

Il y a des éclatements dans l’atmosphère, le mobilier a plus d’une race.  Bleu, noir, marron, blanc.  La vie de bois a son lot de splash sur des tentatives d’aplats. Les experts en décoration vous diront qu’il en faut toujours un, un côté décalé pour contre-attaquer l’unicité. C’est une belle tentative qui percute notre pensée, il y a surement une raison étrange et mystérieuse car la vie est holistique depuis le commencement.

Une théière oppressante se tourne vers une bouteille de cognac vide, sa couleur assombrie fait miroiter des reflets de lumière pâle. Elle me fait fuir, je veux fuir. Un ami se tient derrière moi, il forme une montagne d’apaisement et un instant m’emporte dans son antre. Allez viens on fuit, prends une bière, chante, imprègne toi.

Nous quittons ce salon, je le nomme salon du banal dès l’instant ou mon pied entre dans un autre territoire. Il y a un mur entier vierge, vide. Des bouts de patafix témoignent qu’il y a eu à une certaine époque des souvenirs, des traces, des mémoires, des vergetures de temps. Une armoire noir jais très classique se tient droite et rigide, elle n’est pas très loin d’une bibliothèque blanche plus douce. J’imagine une romance interdite entre les deux. Ils sont tellement chargés en bricabrac d’humains qu’ils n’espèrent plus bouger. Si j’osais soulever cette hypothèse, pourraient-ils vivre heureux l’un à coté de l’autre ? Surement pas, car tant que les objets ne parleront pas ils n’auront jamais ce droit. Les animaux n’ont même pas le droit de vivre dans certains pays alors laissons les inanimés dans l’ombre des chiens et des chats. On a tant à faire pour le respect, vous allez devoir entendre chers amis. La porte qui a une couleur presque inexistante tout comme les murs nous sépare du couloir. Ce couloir montre un rayon de lumière qui donne l’impression de s’éteindre. Cet espace rectangulaire laisse échapper des bouts de conversations. Une envie de les rejoindre sans bouger de ce canapé m’anime, je m’enfonce dans le moelleux mais ce désir palpable me pousse à me tortiller sans jamais décoller. Un atterrissage ratée pour la fusée que je suis.

Découvrir une chambre c’est percer l’intimité, c’est se modeler en clé, comprendre enfin qu’il y a toujours eu une serrure sur les gens qu’on croit connaître. C’est percevoir une autre réalité, entrer dans une autre dimension et pour ça il suffit d’une porte et d’un peu de confiance.

Sur les murs des petits mots diverses se superposent, des tableaux d’une beauté inouïe bavent leurs couleurs dans mon psyché, les teintes sombres accompagnent des moments de vie, projettent des gros plans d’instruments. Des mains marqués tâtonnent les touches d’un piano, maltraitent les cordes d’une guitare ou d’une basse. Des vinyles accrochés au mur n’arrivent pas à tenir droit.

C’est un espace ou l’insignifiant prend de la valeur une fois accroché au mur, un vieux thermomètre, une photo pleine de sourires, un vieux journal et un dessin qui souhaite s’effacer dans le blanc d’une feuille. Une carte peu attrayante, un prospectus qu’on pourrait trouver par terre dans une ruelle, un vieux calendrier datant de 2017.

Et c’est aussi puissant qu’un sédatif,  de constater qu’il n’y a pas besoin d’ajouter plus de magie que ça. Le monde dans lequel je suis transcendé a déjà assez de rêve à donner. Pas besoin de compte en banque pour encaisser ce bonheur, il suffit d’un regard en dehors du virtuel.

Les oreilles sont surchargés, je ne suis pas le seul habitant de ce lieu, il y a deux autres compagnons qui font bouillir un débat virulent. Je sens pourtant que cette tension ne brisera jamais la quiétude, une odeur de bouffe accompagne peu à peu le confort environnant.

J’aimerai parfois que mes rêves détiennent cette saveur, cette douceur si simpliste qui donnerait à nos nuits le repos qu’on mérite. Mais ces temps ci mes nuits sont faites d’aventures cauchemardesque. Je ne peux pas m’en plaindre vraiment, il me manque cette adrénaline par moments lorsque mon lit possède mon être pendant toute une journée. Les écrits me transportent mais si je préserve trop l’illusion, tout ces voyages que deviendront-ils ?

Alors je rattrape ces heures où la peur des yeux fermés devient plus obsédante que le fait de courir sous la lumière.  Ces minutes qui ne se comptent plus, je les préserve en fixant de mon point de vue ce lieu hors de la loi des sabliers. Pour une fois je me contente de la chaleur d’une bougie sans rêver que ce monde part en flammes, c’est ça le signe d’une bonne santé mentale ? Eh bien il y a des progrès les amis.

Balançons nous dans le creux de cette soirée, dans la torpeur narcotique de ces quatre murs vibrant de la personnalité d’un homme, une personnalité qui appelle à s’oublier quelques heures.

 

Déso les bleus.

être, avoir, couler, observer, fracasser ,décrocher, traverser, transformer, apercevoir, détruire, connaitre, entrer, essayer, apprendre, ouvrir, se retourner, faire semblant, sortir, poser, venir, éternuer, installer, jouer, faciliter, remballer, parler, réexpliquer, donner, guérir, accrocher, confirmer, résorber, arpenter, détourner.

J’ai tenté de la jouer cool, j’ai voulu être ce gars chouette qu’on détruit lorsqu’il se détourne du chemin qu’on lui a donné. On m’a confirmé les règles les plus absurdes au monde, pour les gens j’étais accroché à cette image du bad kid, posé comme un truand éternel. Quel tas de conneries !

Je n’ai rien fait , je n’ai jamais rien eu, pas d’héritages barbares ou de pères alcooliques. J’ai juste suivi ce foutu chemin qu’on appelle : le chemin de la popularité. Le moi d’avant se transforme en monstre, porte des fringues plus sombres et écoute de la musique en sous-sol. Parfois il sort en plein jour pour s’installer en horreur, en cauchemar dans le quotidien des passants.

Quelques années plus tard c’était fini, maintenant j’affirme que je guéris tout en gardant ce style mauvais genre. Je facilite ce fragile équilibre entre le bon et le mauvais, me donne un rôle sociétal peu convaincant. A quoi bon remballer le ying et le yang, ils seront toujours là je peux vous le confirmer.

Si j’ai décidé de couler sous cette noirceur, c’est aussi car je m’en veux de ne pas avoir assez observé autour de moi. Je voyais à la télé qu’on osait dire que l’ennemi arpentait les familles endettés, les veuves et les clodos dormant à moitié à poil dans la ruelle. Le bien c’était les poulets, la flicaille, la poiscaille, ceux qui font semblant, qui se retournent plus vite que lucky luke lorsqu’il s’agit de dégainer une lacrymo.

Alors oui j’éternue ma mauvaise foi et je vois que vous n’allez rien me souhaiter, mais je préfère ouvrir le débat plutôt que de le refermer aussi violemment. Il y a eu un jour mitigée de plus pour cette guéguerre de 68-tards, cette petite embrouille de nanterre qu’on délocalise un peu partout et qu’on résorbes sous des fakes news.

J’étais en train de réexpliquer à ma pote la crépue, une fille un peu menue et carrément cocue qu’elle avait tellement de chance d’être aussi éclatante de vie, elle souriait par échappée, elle avait tout fermé à clef même son bonheur. On s’était paumé dans la capitale, on se rendait pas compte qu’autour de nous ça fracassait grave.  On errait comme des poètes maudits et nos discours faisaient de nous des boulets en or.

Puis j’ai appris par un gars armé d’une énorme batte que c’était la merde, il a hurlé dans nos oreilles avant de foncer tout droit. Notre débat nous avait perdu du coté d’une manif sauvage assez vénère organisé par des étudiants de la sorbonne. Le noir récupérait le territoire de la rue en vain car déjà les bleus marines munis de boucliers tels une garde royale avait fait en sorte qu’aucun échappatoire ne soit possible.

Très vite derrière nous, une voiture gueularde a fait un dérapage et a manqué de nous tuer sous ses roues, j’ai pressé ma pote qui était devenue de marbre de dégager, je préférais encore m’asseoir au centre de cette bataille que sur les cotés.

C’était une scène de film mon gars ! Je crois bien qu’on était en 2028, la police déconnait plus en ces temps là, certains ont voulu escalader les bâtiments dans l’espoir d’y trouver un lieu de sûreté mais sur les toits les gens disparaissaient, ne répondaient plus, quelques jours plus tard certains avait fini en tôle.

Nous avons senti leurs pas, leurs présence, la panique nous suivait tout comme ces bâtards le ferait si on tentait de s’éclipser. Je l’ai aider avec toute la tendresse que je pouvais, je l’ai consolé en lui faisant croire que ça ne sera pas long tout en me préparant à un supplice d’infernales heures.

Au milieu de la garde royale, il y avait ce fameux cliché qui n’était pas blond, qui n’avait pas de cheveux longs. C’était le gars qui ne laissait rien passer, celui qui vous dira « ça ne va pas être possible » si vous tentez quoi que ce soit.

Je me liquéfiais de peur en le voyant, j’étais incapable de savoir s’il allait résorber le moindre de mes arguments, ma pitié en mousse et les pleurs de ma porte. Il fallait le tenter. Car devant moi j’avais ce petit bout d’innocence qui n’avait rien à faire là, une victime emportée dans un univers qui n’était pas du tout le sien. J’ai pris ce semblant de courage coincé près de la tangente gauche de mon corps, mon petit cœur brûlant qui envoyait des signaux contraire à mes pieds.

J’ai un peu traîné cette pote pour ne pas la perdre dans le chaos, on a évité des explosifs et la bataille s’est affaibli lorsque nous nous sommes approchés peu à peu des barrières en plastique vénères. Il y a eu ce temps de calme un peu réconfortant mais qui n’était qu’illusoire.

« On fait pas partie de cette manif on peut repartir ?  »

Ce qui a amené la merde dans cette terre du patriotisme c’est l’impossibilité de fuir, on avait une fois des convictions si intenses qu’on ne cessait jamais de s’en détourner, de s’en échapper.  Les gens préféraient s’empaler plutôt que de continuer un chemin qui leur était tracé.

Le premier qui approche reste de marbre, ils ont l’air tous si identiques mais ceux qui se démarquent tremblent ou ricanent. Tout ce qui révélait le semblant d’humanité en ces chiens de gardes de l’état s’était envolé, je ne connaissais pas la lutte qui se jouait mais les gens qui tabassaient les CRS car ils étaient contre leurs luttes ont fini par créer des luttes contre ces mêmes bourreaux de la justice.

Des deux cotés ça a saigné, chacun avaient un semblant d’arguments défendables mais cela ne changeait pas le fait que d’un des deux cotés, on aboyait car un maitre chien l’avait ordonné. Et j’avais du mal à l’admettre mais les voir ainsi emprisonnés, enchaînés par des convictions, des valeurs qui n’ont aucun sens car ils étaient prêt à répandre un semblant de dictature pour ces foutus bons points, ça me foutait mal à l’aise. Qui était ces putains de type ?

Rien n’avait changé en 10 ans,  les polémiques, les crises, les mêmes tronches de mauvaises foi qui siégeaient à l’Élysée, c’est ce que m’a fait comprendre le poing du type qui s’est approché. Il y a eu un instant ou j’étais trop occupé à penser pour ressentir la douleur, je constatais mon échec si prévisible, on ne raisonne plus avec eux. , J’étais une pauvre chiure, la force me manquait pour me soulever, ma pote hurlait et déjà je voyais une armée drapée de foulards venir à ma rescousse tandis que je me faisais trainer dans une ouverture entre deux boucliers.

On annonce un projectile, je vois une pierre fendre l’air et ensuite un visage boursouflé prenant peu à peu des couleurs violettes. C’était ce salaud, voir son visage tordu par la douleur aurait pu me faire tacher mon froc tellement c’était bon, un plaisir si impulsif et sadique qui avait supprimé en moi l’innocence et la joie enfantine qu’il me restait d’un lointain temps. La pierre continue son chemin pourtant, ce n’était pas elle que je devais remercier. Elle frappe un collègue qui l’évite plutôt bien. Je relève le visage surpris, une main du coté de la flicaille me remet sur mes deux pieds, hurlent des ordres que je ne comprends pas, du sang perle depuis mon oreille droite. Je titube vers une brèche de lumière et m’affale sur l’épaule de ma pote qui me traîne jusqu’à un hôpital. Est ce que ce type m’a sauvé ? Il est passé ou merde ? Encore un connard qui dirige mon destin ?

Et ce sont les dernières paroles que j’exprime avant de perdre connaissance.

A mon réveil, il n’y a pas ce fameux bip bip des séries, je ne suis pas en fin de vie mais juste amochée, ils ne m’ont pas trouvés un lit, m’ont rafistolés et foutu dehors sur un banc car les urgences un lundi à 19h00 c’est aussi chargé que le week end.. Il y a moins de place au politiquement correct dans cette france, mon doux pays est en train de changer son slogan, l’égalité n’a jamais vraiment été quelque chose de respecté de toute façon. Ma famille qui a peu d’intérêt ne se trouve pas à mes cotés, je retrouve la dodue poto de mon coeur.

Elle m’explique avec un empressement incroyable la scène, le chevalier blond l’a frappé d’un coup de poing vengeur, les collègues se sont engueulés, il s’est barré après avoir balancé sa matraque sur les nouveaux protestataires et il a disparu. Prenant avantage de cette folie il y a eu une masse d’attaquants, ils ont renversés l’opposition et ont pu casser deux trois bagnoles avant de se faire arrêter quelques rues plus loin. J’étais sonné, je voyais mes jambes trembler à une vitesse folle. J’avais vu dans une sorte de délire comme s’il représentait l’incarnation de la bonté pendant un instant mais la vérité ramenait ce coté si amer que j’avais oublié.

« Tu crois que ça change quelque chose ? Ca reste un pouilleux.  »

Je crache ma haine car je suis jamais d’humeur lorsqu’on me réveille, surtout après cette raison encore plus conne. Elle soupire en fumant une clope et me tourne le dos, refuse de s’accouder à mon épaule comme elle fait si souvent.  Rien n’a changé, si ce n’est que demain matin il y aura un fait divers qui changera peut être un peu plus ce pays. Ils deviendront peut être plus conciliant mais la réalité c’est que ce n’est pas juste une affaire de bleu contre les noirs, de forces de l’ordres contre la justice du peuple. La vraie baston, la pure violence c’est celle qu’on trouve entre les murs, derrière ce béton et ces briques il y a des hommes qui crèvent et qui se lassent de demain.

Le vrai coup de poing c’est encore un jour à se faire entuber par les mêmes connards et les mêmes discours insignifiants, c’est quand que ça change ?

« T’es loin d’être un exemple, tu fous que dalle pauvre merde. » lance-elle à son tour en jetant sa clope dans le fossé, elle se relève et se barre plus confiante qu’avant, cette aventure lui aura donné un semblant de sang froid apparemment. Dommage qu’elle l’utilise ainsi…

Je regarde cette parcelle de terre ou la vie naît et crève, elle n’a pas tort sur ce coup, moi aussi je me suis lassé un peu trop tôt mais j’ai hâte étrangement de voir ce qui m’attend.

-DKL

Alone in the crowd.

Je m’attaque aux renfoncements secrets, aux bibliothèques de vieux manoirs qui attendent qu’on retire le bon livre pour enfin s’ouvrir à nous. Me voilà similaire à ces vieux livres qui servent de couverture, de façade. J’ai aujourd’hui dépoussiéré ce qui n’allait plus. Se dévoile des évidences masqués et quelques enracinés problèmes. Je deviens capable de jeter un regard neuf à cette vie bercé dans une vieillesse tendre qui se rembobine. C’est un peu comme une cassette qui te rappelle toujours étrangement l’indépendance et le voyage mais qui ne l’est jamais vraiment. la comptine que je chuchotais s’est éteinte dès la seconde ou j’ai jugé bon d’attraper une année de liberté. Je suis présent face à ce vaste champs de possibilités ou poussent des étendues de rêve et de choix en choux fleurs dont l’odeur pestilentes m’empêche de les oublier.

Grandis en moi l’épineuse problématique de mon existence, sans que je m’en rende compte elle a toujours été là, enflant jusqu’au point d’éclater sous mon nez. Dans ma peau, mes gestes, mes postures et mes prises de décisions se révélaient la boursouflure rouge et gonflée que je devenais peu à peu, un homme seul dans la foule sur le point d’exploser.

C’est avec une certaine peur tremblotante que je constate encore une fois que j’ai changé de cap, j’ai cessé de voguer aléatoirement tel un marin bourré à qui on aurait filé le gouvernail. Vient le jour ou je dois enfiler ma veste de capitaine et mon chapeau ridiculement trop noir, viennent les heures ou du brandy ne suffit plus à écarter les monstres marins et nocturnes.

Il suffit d’une courte analyse de ma vie pour comprendre qu’on m’a toujours tenu par la  main, c’était un constat que j’avais fait depuis très longtemps. On m’appelle enfant-hélicoptère selon l’internet, mes pilotes ne cessent de changer jusqu’au jour ou je m’écraserais. Figures d’autorités, présidents peu convaincant, enseignants et enseignantes au visage de ciment. Les figures constamment froides se sont enchaînés aux tables sur lesquels mon coude s’abandonnait. J’en suis venu jusqu’à l’age adulte, au point d’oublier cette enfance qui s’écartait, piégé dans sa prison de responsabilités. Je n’avais pas constaté que j’étais moi même bloqué dans ma condition.

Ma main a cessé d’être réchauffée, j’ai accusé l’automne avant de déduire que l’automne était bien la seule entité qui me restait et qu’il était bien trop occupé à vouloir recouvrir le monde avec du orange. Par moments j’étais heureux de sentir cette puissance déclenchable,cette sensation de ne plus être tenu en laisse,  ces crochets dans les airs que je me permettais encore en étant gamin et cet abandon de toute moiteur ou chaleur inconfortable et étrangère.

Il m’a ensuite fallu quelques rires pour poser mon opinion sur un autre plan plus morbide. Le vide dans mon bide bouffait de ma motivation et face à ces jours sans intérêt étalés dans ma chronologie, je restais perplexe et terrifié. Je n’avais plus que la lune pour me saluer régulièrement, le soleil continuait à me cramer la rétine et restait un connard céleste. Mon entourage ne cessait pas de me supporter mais je n’arrivais pas à décrire cette absence flottante autour de moi, ce rayon sinistre et insondable dont j’enviais la mise à nu.

J’étais libre.

Loin de faire un crash ou d’appeler à l’aide, d’hurler mayday sur mon balcon ou en haut d’un immeuble. J’avais le choix de mes actes et mon bras portait une charge tout autre. Avec cette année sans excuses avec pour seul objectif mon propre plaisir, je me retrouvais confus par tant de pouvoir qui venait de m’être donné du jour au lendemain.

Il y aura toujours ce foutu regret qu’on finit par regretter car pour cela il suffit d’y penser. Pour la première fois en 21 années de vie j’avais vraiment la sensation de ne plus être votre fou, votre garde-manger sociétal, votre chien-chien en contrat CDI.

Pour moi c’était terminé les courbettes et les sourires qui te ferait presque gerber, fini les soupirs instinctifs provenant des ordres trop rigides, fini les éternels pressions indésirables.  Je ne dis pas que cette année sera sous le signe de la méditation et du yoga, mais avez vous déjà connu le stress personnel ? Lorsque les pas des autres incombe sur vous des tonnes et des kilos que vous n’avez pas vu venir. Comment se dépatouiller de cette charge sur votre dos  qui vous brise la colonne et les nerfs ? Il y a quelque chose de plus apaisant à l’idée de vivre vagabond et maître de ses choix même si les conséquences peuvent devenir néfaste, il suffit de respirer pour se rendre compte que vous êtes enfin maître et c’est la plus divine des réalisations.

Vous conquérez le destin qu’on vous infligeait il y a quelques mois, vous êtes libre de trouver la voie qui vous botte enfin et peu importe si le prix à payer vous dérange, pour le moment vous le sentez.

Les humains devraient vivre un an de solitude pour découvrir de nouveau comment aimer les autres, car je n’ai jamais pu compter sur moi lorsqu’on me demandait ce que je voulais faire de mes potentielles 40 prochaines années à vivre. Lorsque cette voix pleine de pitié et d’empathie professionnelle me rabâchait à longueur de journée que mon avenir se jouait comme si ce futur était une partie de poker truquée. Je finissais emmuré par moi même, infiniment petit, espérait même qu’on m’enlève tout libre arbitre pour aller bosser chez des fourmis ou un magnat millionnaire.

Mon soulagement à un gout liquide et peu agréable, ce qui n’a rien de très glorieux c’est sûr. La ville veut me mordre et mes premiers pas dans ses crocs paraissent bourrées. J’ai été coupé, une seconde naissance, un nouveau cordon ombilical à arracher, vous n’avez pas à réapprendre à utiliser une machine à laver, un grille pain ou à utiliser un fer à repasser mais vous préféreriez ça de toute évidence.

Pour en arriver là, on se rend compte qu’il faut accepter de partir de rien, les étoiles dans les yeux et l’envie dévorante d’être conquérant de ces gestes qu’on jugeait impulsifs sous le contrôle.  Vous bousculez votre entité jusqu’au frisson du grand saut et vous enjambez avec une certaine douleur quelques barrières pour venir à ma hauteur.

Je ne prédirai pas si vous faîtes le bon bout de chemin, je porte toutes mes visions sur mon gringalet tas de muscles que je gigote au quotidien, à la recherche de l’envie qui me fera croquer la vie comme une pomme juteuse.

Sachez que dans cette bouffée d’air qui donnerait à n’importe quel homme l’impression de revivre dans un monde ou l’humanité n’a plus de sens, qu’il est bon de ne pas rester ermite mais de continuer à vivre en nomade.

C’est la seule source valable d’informations que je déterre de ma terreuse expérience, que je sépare de la boue de mes jours dans l’espoir qu’une fleur y prenne enfin goût.

  • DID

Incertitudes en chewing-gum

Cette image n’a que peu de rapport avec le thème de cet article cher lecteur ou devrai-je continuer de dire cher journal mais enfin bon qu’importe ! j’aime la pureté de cette image , si la neige sera toujours associé à un épais manteau bien loin d’étouffer qui que ce soit en l’associant à ce paysage de campagne relié au petit homme que j’étais il y a fort longtemps je ressens un étrange apaisement en te regardant , toi , petite picture perdue dans l’immensité de mon disque dur et de l’univers.

Une ou deux autres incertitudes se roulent en boule et me colle à la peau en ce jour ou approche le dernier problème qui n’est rien de plus que le premier. Partagé entre la volonté et l’envie , l’envie d’aller au delà au nom d’une volonté , la volonté de rester au nom d’un souhait.

Tout n’est que question de mots et je dois le dire , tout cela est terriblement chiant , les mots ont plus d’un sens dans leurs sacs , on pourrait sauter à pied joint dans ce sac même et découvrir tout un monde rempli de poésie et de charmes mais c’est très facile de se perdre dans le cabas d’un inconnu , surtout quand on est loin de s’imaginer le royaume dans lequel on met le pied.

Mais ces incertitudes ne sont pas vraiment d’ordre littéraire , elles sont encore une fois et toujours relié à ce petit fragment de vie qui se répète en boucle dans ma tête , ma volonté est fébrile , je ne veux pas décevoir au prix de me voir écroulé sous le coup de mes propres conséquences , on n’arrange rien.

Les incertitudes collent tout comme un chewing gum et toute action n’est fait qu’en vain , des filaments ou des grumeaux rosâtre se dispersent et ou que tu ailles tu deviens la proie insoupçonnée , la limite entre être responsable et sauter le pas est trop mince encore une fois , surtout que savoir si votre pied est empêtré n’est pas toujours si aisé.

Alors quoi aucune réponse ? C’est tout ? Juste un tas de pavé hideux pour en ressortir avec cette étrange conclusion que le monde court à sa perte ? et bien non je ne crois pas , il faudra clarifier les choses voila tout , attendre un appel qui fait hélas plus office de retardataire que de compteur , faire divaguer son esprit , injection de joie sous forme vidéo ludique , quoi d’autre ? hum dur à décider , je pense sortir , voir ou cela nous mène.

Mais à la fin du rêve tout s’écroule pour devenir bel et bien réel j’en ai bien peur , c’est la l’ultime bourreau de mes songes venant toquer avec sa grande hache à ma porte de chêne pour me réveiller d’un monde beaucoup trop beau , et la viens le temps des conclusions à prendre , ne pas les laisser pourrir dans un coin voyons monsieur prenez les ! juste ciel prends les !

Avant que tu t’infliges encore plus de colle , tu devrais sérieusement penser à faire léviter tes problèmes vers un ailleurs qu’on surnomme « résolu » et la peut être que la tu pourras enfin dormir sur terre , voler dans le ciel , être un astronaute ? Pas vraiment possible en un aussi petit laps de temps mais tu devrais considérer cette option non ?

Bon d’accord pas très malin.

En conclusion à l’écrit toute incertitude n’a besoin que de temps pour s’éclaircir , et je reviendrai à vous pour voir si j’en suis venu à bout , il faut juste affronter les conséquences et suivre son cœur n’est jamais une erreur , je me sens prêt à sauter dans l’aventure mais pour cela il me faut certaines conditions , cette situation est loin d’être alarmante je pense alors allons bon laissons nous faire , nous verrons bien !

***

Et les années passent et le refrain se danse, les cheveux s’arrachent et les cris forment des transes. La douleur de ce guilleret être que je fus me surprends encore plus que tout malheur sur terre, les génocides à New York, les chiens crevés sur des falaises. Peu importe l’humanité cette réflexion de moi d’une époque incertaine invoque une méditation forcée.

Le brouhaha de la populace ne masque pas les voix consolantes, pour une fois j’ai en moi des sons de miel et de Sencha mais ça ne change rien à la noirceur que m’a provoqué le sommeil de trop. On dit tant de bien des siestes mais j’en doute, tout comme j’ai douté d’un mystère qui ne m’appartient plus.

Que c’est drôle de se dire que j’ai le regret de cet instant, cet instant ou mes problèmes n’étaient rien de plus qu’une boule de bonbon et quelques soupçons. Je ne veux pas avoir le dédain d’un regard lointain sur ce que j’ai vécu, juste le souvenir agréable de la légèreté de ce temps.

-DOOON

Trouble.

Je me réveille dans une salle sombre, des projecteurs sont rivés vers des silhouettes que je perçois de manière opaque. Mon cerveau est pris d’une crise d’adrénaline si intense que je vois flou un instant, que le monde autour de moi semble presque être une vision accélérée, effrénée. Des portes s’ouvrent mécaniquement à ma droite, un enchaînement de portes sublimes en métal qui en claquant font un bruit de tonnerre.  Le bruit d’un marteau cogne un pupitre en bois et le silence revient, le claquement se tait et je me relève dans cette incompréhension, incapable d’entendre d’ou provient l’instaurateur de ce calme.

Il n’y a pas un seul mot, je vois ces quatre silhouettes devant moi éclairés par une lumière qui semblerait presque divine. Bien sûr ce n’est pas la lumière qui fait de ces hommes au teint mât et au visage crispé des allures de dieux, ce sont eux même qui transmettent à travers leurs regards une douleur incommensurable que je ne peux regarder trop longtemps. Vous savez ce tremblement, cet impression de fixer le vide et d’être absorbé par une chose en dehors des limites du temps, cette chose qui se trouve être la douleur dans nos âmes au fil des années. Ces quatre dieux tous si différents fixent ce point. Souvent mon empathie prend la relève mais pas cette fois.  Je ne sais pas si ce sont mes juges, leurs postures hautes et le fait que je dois contorsionner ma tête pour les regarder inflige ce sentiment misérable sur mes épaules.

Mon crâne tambourine, ce n’est pas une migraine pourtant j’en viens à attraper ma tête entre mes mains, à m’arracher des mèches de cheveux pris d’une rage incompréhensible. Le souvenir logique de ce qui a pu me mener à cet état m’échappe, et les portes recommencent leur cacophonie en ré mineur.

Je suis pris d’une colère noire, le genre de haine qui te transporte on ne sait ou, celle qui te fera revenir au tas de chair que tu contrôles lorsque tu auras retrouvé un semblant de clairvoyance apporté par on ne sait quoi. Cela pourra être un acte encore plus violent, la sensation que tes dents se barrent de ta mâchoire, la peur du dentier et de ce qui va t’arriver. La peur de blesser, de ce sang entre tes mains et de ces hurlements dans tes oreilles qui ne sont pas les tiens.

Les raisons sont diverses et ne passent pas nécessairement par la violence, cela peut être une caresse, une douce voix qui susurre, des gestes qui amènent à se calmer, de la pitié, des sirènes dans la nuit ou des visages en larmes.

Mais rien ne me réveille de cette pièce sombre, rien ne cherche à calmer ma frénésie ce soir. C’est peut être l’alcool et la fumée que j’ai ingéré pendant des heures ou bien le bouillonnement que ces mots ont provoqués en moi, tant de critères mais peu de sérum miracles, réveillez moi je vous en prie, je n’arrive même pas à dormir dans cet état incontrôlable.  Ces mots….quels mots ? Je ne comprends plus ce qui m’a amené en ce lieu, l’injustice ? Oui mais quel pourriture a bien pû me téléporter dans cette antre perturbante, ce reflet de solitude.

Pourtant je pensais être exempt de cette frénésie, je me croyais supérieur aux fous et pourtant en pensant ici j’ai fini par devenir le bouffon de mes morales, le prisonnier de ces « on dit » qui prétendent qu’il n’y a rien de plus doux qu’un garçon qui a connu la douleur.

A vrai dire il n’y a pas de précepte qui enlève cette part de colère en l’homme, nous avons toujours des ongles qu’on utilise comme griffes et des mains qui se replie pour créer un contact aussi dur que la pierre. Les obsessions ont la vie aisée car leurs commerces ne ferment jamais, car il y a toujours un mortel pour s’y référer, pour utiliser comme référence la compulsion de vivre, pour utiliser cette hargne qui n’est rien de plus que  la fausseté de la vie.

Et j’ai beau avoir conscience de l’absurdité de mon obsession, de tout ce moi que je transperce sur des conflits qui ne devraient pas m’atteindre, de ma noyade en enfer par les autres et pour les autres, je continue. Je crois toujours trouver un moyen de m’abreuver en vie dans leurs discours, et ce n’est pas le cas, mais me voilà. Me voilà continuant désespérément à comprendre après avoir frappé une matière encore inconnue à ce jour, je ne sais plus ce que je fais, si ça se trouve j’ai tué un homme, mais il est trop tard.

Dans ces moments ou tout contrôle de ton être se perds que ce soit pour une seconde ou quinze minutes, rien ne te rassure. Tu es convaincu que la faute t’incombera et que tes pardons devront être pour cet autre toi qui s’est déchaîné. Car tu le sais au fond de toi, cela restera ta faute, ta faute à toi d’être si faible, ce sont tes actes inconscients ou non.

Imaginez moi la confusion de la justice si l’on devait juger l’impulsivité à part, si chaque acte répréhensible se cachait sous la cape du pardon, si on jugeait la folie tout comme on jugerait une honte ou une peur.

Peut être que la première étape pour sortir de cette pièce c’est d’avouer que nous sommes les fautifs, qu’en sortant de là le titre que tu portes devra rayonner. Tu n’es pas née ainsi pour courir dans la violence, et le temps n’est pas venu dans ton ère et dans ta société de répandre le chaos. Il existe d’autres armes qui ne nécessitent pas de poudre, et selon le contexte tu peux répandre les flammes qui te brûlent la trachée avec parcimonie et mérite.

Peut être que l’on réclame des orateurs comme toi mais que tu n’en as pas encore conscience, des voix qui hèlent au loin de cesser toute tuerie ou tout harcèlement, des gens qui se mettent dos au néfaste pour que plus tard les béliers de la vérité nous assènent à tous un coup de justice.

Oui, c’est une douce utopie que j’imagine, une que je ne connaîtrais pas, la nature humaine prétend encore revivre un remake de koh-lanta hardcore au quotidien, nous supposons encore que survivre nécessite des biceps et des mitraillettes, nous osons encore relever dans chaque discours de paix l’incohérence inventée de trop.

Dormez sur vos deux oreilles, pour vous peuple européen la paix fait des tours de gardes dans le doute, de peur que l’état bousillée du reste de la terre nous rattrape.

Alors avec la réalisation de cette chance si parfaite de ne pas me réveiller dans les flammes et la mort, j’ouvre les yeux pour retrouver ma chambre, autre pièce sombre que je n’ai pas quitté depuis quelques jours. Elle a une odeur âpre de transpiration et de nourritures, une casserole froide de soupe renversée sur le sol en est la cause. Mes yeux ont survolés les informations d’aujourd’hui et tout ce morbide m’a déconnecte, mon pied a fait voler ma bouffe, mon oreiller a goûté à ma bave de chien enragé tandis que je me déchaînais sur son velours.

Sur l’écran de mon ordinateur, l’univers se transperce et la raison s’empale.

-DKL

Le monde est en ruine mais quelque part je suis sûr qu’il y a un pilier pour me soutenir.

Lorsqu’on dévore des séries, on peut très facilement jouer le super-justicier de la justice des temps modernes. Il n’y a aucun mal à défendre des valeurs de nos jours, après tout peu importe ce que diront les trolls d’internet être un social justice warrior ça a plus de classe que d’être troll (Désolé à mes amis trollesques.)

On ingurgite un idéal de vie faussé, maquillé, surjoué et en le comparant à notre expérience on se rend compte que tout est faux. On peut en venir à la conclusion que dans notre vie rien n’a de sens, car c’est vous qui vivez le film et la réalité que vous convoitez se trouve derrière des caméras.

Dans ce jeu de reflets derrière des écrans mal lavés, vous avez tort. Dans ce jeu de lumières, de strass et de présumé vérité dites mais non prouvés, vous avez tort.

Parfois, tout n’est pas qu’un tas abusif de conneries, tel des miroirs, ces pantins de chair nous permettent de briser des tabous, d’assumer des erreurs sans importances, de se rendre compte. Et une fois que la brèche est ouverte il vaut mieux l’exploiter, c’est peut être là le problème, on déchire des plaies fermées mais on ne vous aidera jamais à les résoudre. Le personnage principal ne sortira jamais pour vous regarder droit dans les yeux et vous dire « C’est ton problème, parlons en. ». Vous êtes seuls à cet instant.

Dès que vos yeux erreront trop sur l’internet, vous vous ferez déchiqueter lentement sans même le vouloir, le monde dans lequel vous êtes prend la forme d’une fosse froide ou sont enfermés des gens attendant la mort. C’est toujours ainsi, on attend la mort lorsque des fusillades s’annoncent, lorsque des policiers se croient au dessus des lois, lorsque un rien bousille ce en quoi vous avez toujours cru. Avions écrasés, viol, meurtre, corruption, génocide, la liste est tellement longue qu’on pourrait en faire une comptine.

Parfois, certains deviennent les monstres qu’ils craignent, il est impossible de se reconnaître à partir de ce moment. D’autres se métamorphose pour s’approcher le plus possible d’un état végétatif ignorant ce que ça fait de vivre, prendre des risques.

Le plus important ça n’a jamais été la dérive dans laquelle nous essayons de tenir debout, le problème ce n’est pas de vivre dans ce chaos, le monde pourrait être en flammes ça n’excuserait rien. Tu l’as toujours su mais c’est toi, c’est toi qui devrait nourrir tes aspirations, tes regards portés vers l’horizon qu’ils aient un sens ou non.

C’est toi qui nourrit ces ruines que nous partageons, et peu importe si à coups de C4 et de mitraillettes les murs s’effondrent, que ton pied frappe par incident des débris de maisons en miette sur un sol taché de sang. Peu importe si ta main tendue vers les gens qui hurlent à la recherche d’une aide ne suffit plus, peu importe. Le monde pourrait être invivable mais sans moi dedans je n’y serais plus. Et ne plus y être car convaincu de l’effet inchangeable de l’univers, c’est se convaincre que rien ne pourra être pire ou meilleur. Mais c’est faux, tout peut être pire, vous pourriez dériver dans l’espace avec l’impossibilité de vous ôter la vie dans une combinaison étouffante. Tu pourrais finir sur une planète étrangère entourés de bêtes sauvage avec comme seul compagnon une brindille sur lequel tu aurais dessiné un visage souriant.

Il est peut être trop tard pour se sentir chez soi, si cet endroit dans lequel s’arpentent des pas confus peut encore être appelé « maison ». Il n’y peut être rien de plus amer et ingrat que de persister à créer cette illusion si vous restez seul. Ingrat, amer, infâme pour soi bien entendu. A quoi bon vouloir préserver l’illusion toxique que les gens demain naîtront égaux et libre et par ça je veux dire à quoi bon attendre?

Rien ne changera et pourtant si l’on baisse les bras tout sera pire, parfois se jeter contre le plafond de verre dans l’espoir de le briser même si cela semble être un acte plus qu’insensé est une solution parfaite. Soyons honnête, nous avons perdu à la seconde ou vous ne voulez plus lancer les dés. Que c’est chiant le hasard, que c’est chiant les victoires quand on est perdants, oui je sais.

Mais dans cette ruine, cette misérable terre ou vous pouvez naître en plein milieu d’une guerre ou dans un hôpital suisse, dans cette prison de verdure et d’eau qu’on nous vend comme idylle quotidiennement, il n’y a que les gens qui perdent qui se relève. Vous gagnerez plus à sortir la tête de l’eau, l’herbe sera plus agréable après tout.

J’ose encore exiger de mes jambes et mes mains encore en état de me porter vers mes rêves même si dans l’état actuel des choses ils croulent sous les dettes, sous la peur que l’univers se soulève. Il n’y a plus de méchants dorénavant, des salauds ça c’est sur qu’il y en a un paquet. Les gens qu’on dit sains ont juste eu de la chance mais vous vivez avec des humains qui essayent. Des pauvres types qui remontent la pente après avoir connu la sensation d’enfoncer son poing dans la joue d’un gars lambda. Des femmes qui ont fait de même pour échapper aux ombres de notre époque.

Il faut aussi s’enfuir des donneurs de leçons comme moi, grappiller des paroles que vous trouverait à votre goût pour ensuite enduire le reste sous des critiques. Je ne me cache pas, c’est facile, mais c’est peut être aussi pour moi. Je ne saurais vous dire si l’humanité a une chance, je ne doute pas que notre extinction sera pathétique et je suis agréablement content d’être presque sûr de ne jamais connaitre ça. Moi je sais que j’ai une chance, évaluez ça avant tout, ne pensez plus aux autres sauf s’ils réclament de l’aide, sauf si des luttes doivent être menés pour ralentir notre chute inévitable. Essayons de nous élever, toi en premier, les autres après.

Qui sait, vous trouverez votre pilier, on vit ridiculement assez longtemps pour s’en rendre compte non ?

-DKU

De l’autre coté de Lewis.

Lewis, mon gars tu m’as déçu. J’ai sauté dans le miroir, j’ai voulu voir un peu plus l’autre côté après que le mien m’ait apporté un peut trop de déception. Je m’attendais à un délire psychédélique, des lapins shootés au LSD et des petites filles géantes.  J’espérais rencontrer des despotes à qui je pourrais faire comprendre qu’une tête coupée ne vaut pas mieux qu’un cerveau toujours à sa place. M’éclater dans une orgie aquatique, bouffer n’importe quoi par pure inconscience, je m’attendais en gros à une expérience similaire à une banale drogue terrestre.

Il s’avère que tu m’as menti petit con et bien sûr quelle chance pour toi, je ne peux plus te le dire. En fait je n’ai même jamais pu te dire ce que je pensais de toi, en face à face, tu te crois si supérieur ? Le voilà, l’inaccessible auteur, le prêcheur de folie pour masquer son absence. Rien ne marque ton oubli, j »aurai aimé te revoir derrière le miroir mais crois moi je suis maintenant sûr que tu n’as pas conscience de ce qui se cache là-bas.

En même temps, je ne peux pas trop t’en vouloir. Tu vivais surement à une époque ou c’était beaucoup plus socialement acceptable de s’admirer dans cette paroi de verre, j’estime mal si les humains d’aujourd’hui apprécient encore plus ou encore moins leurs réflexions qu’avant.  A ton époque as tu utilisé des stats du futur pour savoir que j’aurai tort ? Non évidemment, évidemment.

Alors voilà ta réponse chez compagnon, les miroirs sont souvent vus comme des murs qui par hasard nous reflète, en vérité ce sont plus des catalyseurs. J’ai plongé ma jambe en croyant dur comme fer à ton rêve et c’était la seule part de vérité que tu m’as laissé. Plonger dans cette matière désormais liquide était étrange, je n’avais aucun moyen de savoir si j’allais atterrir dans un gouffre. Mes pieds n’avaient aucune accroche, mais j’ai quand même traversé la masse épaisse et liquide.

J’avais choisi ce miroir car il avait une place importante dans ma chambre, c’était le plus imposant mais aussi le plus iconique car trouvé dans une ruelle et traîné jusqu’à ma chambre pendant plus de 20 minutes. J’avais la peur omniprésente de briser cette perle mais avec des efforts on peut tout faire !

Je m’attendais au moins à une chute digne de ce nom mais il faut croire que je n’ai pas les épaules pour être une petite fille. Je doute même que j’aurai poursuivi un lapin même en étant perché pour être honnête. Les enfants sont des usines à incompréhension et ce monde que j’ai haï m’a été ouvert dans la plus grande des confusions. J’ai atterri dans le noir avec pour seul repère un trait de lumière fin m’invitant vers ce qui ressemblait au bas d’une porte. En l’ouvrant, il n’y a pas eu ce caractéristique flash de lumière aveuglant et soi disant pure, juste un banal soleil et ma chambre à l’envers.

Mon bureau était à l’envers, mon plancher était penché, mon lit contre le mur. La peur m’a pris car elle est récurrente, pour l’anodin et le bizarre la peur surgit de son draps d’ombres et de ténèbres.  Au début, une par une des images de moi se sont succédés devant la glace sans que je réalise la situation. A la 5ème personne s’analysant dans la vitre, rentrant son ventre en effectuant une grimace….j’ai alors compris que tel un appareil photo ce miroir avait en mémoire tout mes instants.

C’était si décevant.

J’espérais découvrir, vivre, sourire, partager, aimer. Me voilà ressassant contre toute volonté des complexes que je n’ai pas, atteint par les « bons » standards d’une société qui n’arrive pas à avouer quand la justice a merdé. Non lewis tu ne peux pas rattraper ça, je dirai que c’est du génie d’avoir utilisé un instrument sociétal en satyre, en une critique ! Oui à ton époque tu as fait jazzer tout le monde, tu es parti avec la sournoiserie d’un diable et tes derniers mots auraient pu être « Démerdez vous. »

Mais moi comment je me démerde ? Tu aurais pu me laisser une carte, une quête spirituelle, un rite d’initiation mortel ?  Tu ne m’as rien laissé Lewis, et avec ce rien tu m’as légué de la déception. Avec ça on ne peut pas faire grand chose, tu peux la toucher, l’avaler pour la vomir, tu peux la mettre sur toi et prendre le risque de rester couché à jamais sous son poids monstrueux.

Je fais quoi de ce truc putain ? Petit con qui a décidé de mourir avant d’avoir fini ! Si au moins les fantômes existaient j’aurais le plaisir de te sermonner pour ton incompétence en tant qu’artiste thérapeute.

Et ne me dis pas que c’est à moi de faire pareil, de transformer une banque en paradis des sucreries dans un roman dégoulinant de drogueries (pardon je voulais dire drôleries.) Je suis sûr que Charlie n’apprécierait pas, et cet endroit n’est pas une chocolaterie c’est un gouffre de l’enfer, c’est clairement là ou sont envoyés tout les hommes qui sont gourmands.

Tu veux dire que Dahl a fait pareil ce salaud ? Il a pris le pire des lieux et l’a fait miroiter dans les yeux des enfants comme un spa calysseo fait frémir un adulte de 40 ans ? Vous êtes hyper doués les gars mais je ne vois pas trop comment je pourrai faire de même. C’est déjà un sacré coup de faire croire à la plupart de l’humanité que vous êtes des gentils fous furieux mais en fin de compte vous êtes aussi taré que moi.

Je ne veux plus de votre douceur, elle me ment depuis le début. Terminé ! Je refile mes livres à l’oubli, TERMINE ! Je brise mes reflets, je prends la porte avec moi et me voilà de nouveau dans ma chambre avec une porte totalement inutile.

N’espérez plus de moi des enjoliveurs sourires d’admiration, je deviendrai ma propre idylle, même si les vingts prochaines années de ma vie seront perdus dans ce futile objectif.

-DOI