Savoir l’accepter.

Avant que le jour ne se lève, avant que les buildings prennent feu, rouge incandescent et jaune partout, avant que le monde cesse d’être noir. Avant que les tulipes se réveillent, et que les âmes en pleurs ouvrent leurs paupières. Avant que les énergiques du lundi cessent de sautiller dans leurs rêves, avant que l’amour explose sous les couettes d’inconnus. Avant que tu t’éclates contre mes mots, avant que la fin nous révèle enfin, que tout est vain.

Avant tout cela, avant le monde et les premiers babillements, j’aimerai t’ignorer. Mais qui es tu au milieu de ce bordel qu’est la déchetterie de mes sentiments ? Une brise peut être? Ou une canette rouillée. Un petit truc posé sur un amas de merdes qui proviennent de moi.

Il est 05:03, et j’ai pris la décision d’avancer. Dans mon monde de connaissances, tu viens de perdre le rang d’humain. Pour moi tu n’es rien de plus qu’une des nombreuses ombres qui surgiront d’ici quelques heures. Ta présence, je peux l’oublier pour le reste de mes nuits. Tu es dorénavant soldat d’un temps passé, si tu l’acceptes ta mission sera de me reparler. Car moi je ne me bats plus, je baisse les armes, les pompiers peuvent hurler, les veuves esseulés peuvent chialer et brandir des cadavres de nouveau nés, non je ne bouge plus, merde. Ma tête peut imaginer à ce tumulte tout les scénarios inimaginable, tu peux crever tout comme moi je peux en chier, rien ne changera tout ce qui s’apprête à advenir.

J’accepte de ma faiblesse quelque chose semblable à une force, c’est comme si la répulsion me donnait la foi de te laisser de coté. Bien sûr c’est idiot car il n’y a jamais rien eu comme je l’ai dit. J’ai crée des chimères qui se sont transformés en bombes. Malheureusement je suis le pire pyrotechnicien de l’univers, mes étincelles finissent toujours par m’allumer. Mais j’en ai assez de brûler sans chercher à éteindre ce feu en moi, assez de vivre dans la chaleur étouffante des autres êtres vivants. Assez de cette brûlure semblable à un cœur qu’on fait saigner en continu. Je veux m’en foutre, je veux pouvoir arracher cette page de mon livre.

Mais la vie n’est pas une histoire et l’immédiat on le réserve à la douleur. C’est ironique mais il me faudra du temps pour être plus rapide, pour pouvoir effacer ton image gravé en moi avec de plus en plus d’aisance. Et ainsi dans ce dépotoir, tu ne seras rien de plus qu’une présence, impossible à enlever mais jamais gênante. Je te souhaite une bonne nuit, dans mon fort intérieur, tu es mort.

Et je respire des voluptés de fumée en ricanant de cette victoire à venir, bien que dans le fond, j’ai baissé les armes et j’attend dans l’ombre la moindre de tes paroles. Car je sais bien que tu pourras m’achever tout comme tu es capable de me faire sourire. Et toi, homme de rien, tu pourrais renverser mon univers. Tu peux chasser les ombres, prendre le pouvoir d’une portion de ce royaume de bonheur où mes vrais amis prospèrent. Car tu es parfois si semblable à mes folies que c’est en cela que je reconnais ta loyauté. Tu es, et je ne peux le nier, si attachant et si éparse que parfois je te vois comme un long parchemin qui serait étrangement plaisant à lire.

Sur mon lit fait de miettes de tabac et de pain de mie, je suis aussi émietté que les habitants de l’antre de Morphée. Ma chambre est un bric à brac mais pourtant le plus grand des bordel est quelque chose que je souhaiterai vomir. Ou est le bouton « expulser » ? Dites moi que ce n’est pas un mythe, putain de bipède en cours de réparation, l’évolution est foirée depuis trop longtemps. Incapable de placer un bouton d’arrêt d’urgence, stupide au point de croire qu’avoir des bras pour jouer à chifoumi nous permettent de soigner nos blessures intérieures.

Dommage pour la chose responsable de nous mais son plan est foiré. J’ai essayé d’enfoncer mon bras dans ma bouche pour extirper mon mal, j’ai un bleu au coude maintenant. Dans l’annuaire j’ai cherché un chirurgien des maux, mais je n’ai trouvé qu’un marabout en mousse qui m’a parlé de ma grand mère pendant des heures. J’ai erré en ville après l’avoir vu, mais avec tout le fric qu’il m’avait pris j’ai même pas pu m’acheter un diabolo menthe au salon de thé des chats. Alors j’ai miaulé et ronronné, et puis ensuite les propriétaires m’ont virés comme des chiens, de toute évidence il y a complot.

Quand j’ai abandonné l’idée de te suivre aveuglément, j’ai retrouvé un peu plus la vue. Et ainsi la prophétie que j’ai clamé à la ligne de départ s’est révélé plus éclatante que prévu. Car la ville a pris feu avant d’être aussi bleu que moi. Depuis mon observatoire les tulipes rigolent en voyant les corps de vieux cadres se traînant vers leurs voitures. Ils filent dans la nuit et esquivent les timbrés qui sautillent toujours autant, comme des kangourous bourré au seven up, leurs bonheur est louche mais au moins il est présent.

Mes voisins baisent, baillent, agissent comme nous tous, font du bruit, pètent, rotent. Le vent me claque, le silence m’oppresse, la lune se barre et le soleil espère toujours me rendre malvoyant. Les nuages hurlent de rire, les boulangeries déballent leurs vitrines d’acier, les connards bourrés se hâtent de rentrer chez eux. Les mères de famille traînent leurs gosses à moitié endormi dans la rue, les mêmes portes s’ouvrent, comme tout les lundis. Et derrière chacune de ces ouvertures, des mondes de partout.

Des petits espoirs de t’effacer pour de bon à chaque fois que j’ouvre une nouvelle porte, grappiller la moindre once de fun pour comprendre qu’un autre attend son tour. Un autre poète, un autre écrivain, un gars qui vaut son pesant d’or et qui agit avec un tel respect que je pourrai prétendre valoir des millions. Mais c’est égoïste ! Mais c’est malsain ! Peut être, je te comprends aussi tu sais, tu peux croire que c’est un article emplie de haine mais ce n’est pas le cas.

C’est un rivage où tu te dois d’être narcisse, la vérité est au fond du fleuve et maintenant que tu as cru l’entrevoir, je te prie de retourner à ton reflet. Ne bouge plus, pas de trémoussement, ni de vagues. Laisse ce coté du fleuve être insipide jusqu’à notre départ, nous savons nager, s’il le faut nous nous retrouverons. Au revoir ou adieu aux compagnons de route, encore une occasion de comprendre qu’à 20 ans, on est toujours aussi naïf.

-DID

Sens toi pute, pète un coup.

Sur les rebords d’un escalier trempé par la pluie, je ne pensais pas t’écrire dès cet instant. Article tenté, puis abandonné, non je ne pensais pas te créer. Espèce de Frankenstein inachevé, dans ma tête je voulais que tu restes, mais on ne rejette jamais ce qu’on aime.

Ça a commencé par une balade interdite un dimanche soir, les rues sont si vide que la constante impression d’être seul m’oppresse. Je m’arrête parfois au milieu des ruelles et je constate avec surprise que le seul bruit qui m’entoure est celui de la pluie. Alors je continue, avec le vain but de bombarder l’atmosphère avec un couic de chaussures et un bruit de pas incertain. Mon expédition n’a rien d’épique, je m’en vais baiser, un gars m’attend dans un sombre et mystérieux lieu à 2h45 du mat’, le romantisme 2.0 a perdu de sa charme, mais il peut être utile. De quoi dépanner les pannes sexuelles, c’est un peu comme trouver un bon plombier au bon milieu de la nuit pour qu’il vous dégorge le tuyau. (La finesse de cet article est lourde ? Envoyez moi des plaintes si vous voulez, je ferai semblant de les lire.)

J’aurai pu rendre cela encore plus futile tu sais, prendre ma voiture tout comme l’autre soir, laisser mon esprit miroiter en me perdant dans une impasse pour enfin arriver au point de rendez vous. J’aurai pu enlever le scénario au porno de nos vies, mais j’ai préféré lui donner un peu plus de réel. Dès l’instant ou je suis parti, je me suis préparé un programme de footeux. Bières, capotes, pieds et sac à dos. J’ai croisé des autochtones, l’un d’eux avait la voix si enroué que je me suis demandé l’espace d’un instant s’il portait un col roulé. Il m’a demandé une cigarette et j’ai du le décevoir, mais comme toute rencontre la nuit il s’est évaporé. Il y avait aussi des groupes de fifous, je les appelles les fifous car il suffit de les croiser pour s’imaginer le plus grave des scénarios. Ils fument, crachent, ne modèrent pas leurs voix, ils s’approprient l’espace nocturne pour un temps. Ils sont trois, l’un d’eux porte du rouge si aveuglant que je souhaiterait avoir des lunettes de soleil, mais quel idiot en aurait à cet instant ? Les deux autres se drapent de sombre pour laisser toute la lumière à leur collègue, qui crame une cigarette pour que tout en lui soit une étincelle à voir.

L’ironie est que je suis moi même un fifou, sans m’en rendre compte cet homme rouge est mon alter-ego fumeur. J’occupe l’espace nocturne tout comme eux, crache dans les égouts pour me débarrasser du gout désagréable d’une bière payé au premier prix dans un carrefour.

Bien sur il y avait les gens à roues qui eux ne souhaitait qu’ignorer le monde de l’obscur, des cyclistes descendant des pentes à vives allures, des voitures isolées pour lesquels on ne peut s’empêcher d’imaginer une histoire, un destin. Pourquoi conduit tu à cette heure si tardive ? Toi aussi tu vas baiser hein ? Avoue le donc, je peux le voir derrière tes vitres teintés par des gouttes de pluie. Ton petit sourire narquois et tes lèvres gercés par l’envie ! Je ne dirai rien immatricule EJH-56256556…. Rien.

La première bière que j’ai englouti, je lui ai trouvé une amie abandonnée, une bouteille vide posé sur un rebord de parc. Dans l’espoir que les deux comblent enfin le grand trou causé par des bouches humaines, je les ai mis face à face l’un l’autre, la soirée n’est pas terminé pour vous deux, demain vous serez peut être mort.

La ballade interdite s’achève dans un torrent de respiration haletantes, l’envie dévorante qui sort de ses yeux me plonge en hypnose. Il a des beaux yeux bleus il faut que je vous l’avoue. Ce con a mis du gel, quand mes mains caressent ses cheveux elles restent englués, surement un autre piège. Il est si petit, 30 centimètres nous sépare vous imaginez ?  Je me sens comme un géant pris dans une relation bannie par les dieux.

Que c’est bon la confusion du plaisir, on en oublie le temps, ses problèmes, c’est presque aussi enivrant que la mort.

A la fin du grand boom orgasmique, que reste t’il ? Pas grand chose, des promesses, une amère déception parfois.  Le regret n’est jamais très loin du bonheur hélas, je repars de ces murs ou tout nous appartenait bien que je ne connais pas cet homme. Vous apprendrez que le meilleur moyen de découvrir un inconnu : c’est dans un lit, une ruelle sombre, une cave, un club échangiste ? Peu importe ce qui vous sied.

Voila les sorcières des mers des temps modernes, j’aurai aimé être aussi brave qu’Ulysse, mais personne n’est assez con pour m’attacher à un poteau électrique à cette heure-ci. Même attaché le résultat aurait été le même, si les fantasmes existent c’est pour pouvoir ramener sa bite et sa chatte dans n’importe quel sujet de conversation, vous ne le saviez pas ?

Me voila de retour dans le monde de la bienséance, dans ce monde la, les gens ne font pas ce que je fais. Me voila criminel sexuel, nymphomane apprenti, heureusement que dimanche soir est là pour me couvrir, bon boulot ! Je marche au milieu des flaques, des plics et des plocs qui font parfois tac lorsqu’ils atterrissent. Tout est un reflet, la ville se trouve dans le goudron sous formes d’halos de lumières, je suis moi même, libéré, apaisé, libre de mon corps. Je me permets des folies, muni d’une seconde bouteille je me perds, je finis par trouver un raccourci pour rentrer.

C’est une vraie perte de temps de vouloir retrouver son chemin quand on arrive beaucoup mieux à se perdre et à réussir à rentrer chez soi. En fait, le meilleur moyen de rattraper le temps perdu, c’est parfois de s’égarer. En faisant cela je retrouve le raccourci de mon quotidien, je l’emprunte jour après jour et pas même google ne saurait me donner son existence sur une carte.

Je découvre aussi une grande esplanade vide faites de pavés brunis, dans mes souvenirs elle l’est constamment alors que c’est un lieu magnifique. Cet endroit est toujours si tranquille, je me demande toujours pourquoi. Suis je depuis le début dans une sorte d’eden caché en train de créer le chaos le plus complet ? Mes glaires immenses, mes bières amantes et mes pas de gros lourdaud au milieu du futur espoir de l’humanité ? C’est possible, mais la solution la plus probable serait que rien n’est à sa place. Sortez donc de chez vous, vous dormirez demain, le soleil c’est surfait non ?

Pfff je perds mon temps alors que je viens de le regagner, pas la peine d’appeler ces hiboux têtus, je resterai une chouette borné, seul, dans mon coin.

Le chemin est pavé d’escargots, ce soir j’ai commis un triple meurtre, ma conscience en profitera surement lors de mes rêves pour me noyer sous de la bave j’en suis presque assuré. J’ai trouvé un meuble bleu marine sur le chemin, je l’ai empilé sur un autre meuble. Je suis sur le point de créer la plus belle tour de meubles au monde, c’est plus pratique pour entreposer des conneries trouvés dans la rue en pleine nuit. Un beau jour peut être que tout tombera, mon plancher ne sera plus, ainsi que moi.

Mais pour l’instant me voila rentré, avec la sensation que tout ce qui était interdit dans cette promenade ne m’a servi à rien, je me sens à la fois ravi et vide. Et encore et toujours, il est temps, voilà ce que je me dis. Mais demain est un autre soir et avec le temps nous peinons à réduire le démon dans nos tripes. Alors ce soir sera surement un autre demain : minuit, désir, lumières, temps, pluie, futile, fun.

 

-DOD