Loin.

C’est un court voyage , que j’ose encore appeler trajet. Toujours la même route, à l’allée comme au retour , j’ai même retrouvé le ciel le plus noir , la grisaille d’une soirée ne change pas , noël ne fait pas des miracles.

Mais combien de pas m’aurait t’il fallu dans une autre vie ? une autre époque ? Juste pour ressasser les moments où tout ce qui m’appartenait encore était vidé de l’esprit de noël. Je ne peux compter les jours car dans cette vie j’aurai pu avoir reçu une paire de jambes bioniques, pour rejoindre mes parents à grand coups de rouages huileux. L’impossible , ils prétendent le passer pour le simple prix d’une rencontre,  et je pense bien que ce n’est pas une connerie de repas de famille.

Me voilà donc arborant mon cheval à quatre roues dans ce 21ème siècle aux allures de moyen age , la campagne la plus obscure ou réside ce soir, un noël comme les autres, ma voiture s’approche de la panne d’essence et l’absence de lampadaires se fait sentir sur les routes tortueuses.

Dur de croire qu’à 19h30 on puisse toucher une telle pénombre , les hauteurs ont décidés de me faire passer le message , je suis en retard , merci bien monsieur les anges je n’avais point besoin de vous pour lire une horloge.

Je roule alors avec la sensation de plonger dans un cauchemar sans réfléchir clairement au fait que je pourrai faire demi-tour , gaver de fuel l’arrière cul de mon bolide , partir dans un endroit lointain retrouver un peu de lumière.

Mais non, me voilà déjà arrivé , j’ai déjà dépassé la nostalgie des décorations de noël remâché en boucle trop d’années , l’habituel coup de klaxon au portail de la maisonnette  ne semble pas marcher. La maison est plongée dans le noir , elle qui avait ce don étonnant de vivre à l’aide de guirlandes lumineuses se voit cette année privée de ce privilège. La fête est réservé aux gens de l’intérieur , désolé à mes amis les sapins.

Je me vois contraint de sonner et sans même une réponse le portail glisse et m’invite à rentrer , il n’y aura pas d’écuyer pour mon étalon de métal , je vais devoir rentrer dignement et seul , survivre à l’introduction de cette soirée, à ce début d’un conte de chevaliers , sachez le en tout honneur , je ne déposerai point mon portable à l’entrée messires.

Mais malgré mes soupçons la soirée s’est bue comme un champagne , j’ai retrouvé le pétillant rire de ma sœur et de son mari , l’éclatante teinte pleine de chaleur similaire à celui de mes parents et de ma nièce. Il y eut cet instant ou à l’extérieur ma sœur et moi avons crée une chose que je croyais morte et voué à l’enterrement. Mais elle l’avait gardé dans une boite , c’était notre enfance et notre lien de frère et sœur , il est sorti de sa boite à la minute ou les confidences se sont mêlées aux vapeurs de cigarillos mentholés.

C’était un soir de résurrection et j’en connais un la haut qui devait surement être heureux de voir ça , un spectacle digne des hommes aux grandes barbes , j’ai pu ce soir la en être un. Muni du déguisement le plus pauvre de 2017 , j’ai apporté l’innocence à une gamine qui n’y a pas cru , l’apparition d’un inconnu en rouge et blanc qui te donne des cadeaux n’est pas en effet la chose la plus réjouissante il faut le dire.

J’ai appris à consommer l’amer et âpre gout de ces bulles d’instants qui me restait en bouche. Il y eut des moments ou c’était , hélas, difficilement supportable. Mais que faire à part le vivre ?  C’était peut être la un cadeau que je pouvais faire à tous , ne faire ressortir que le nécessaire c’est à dire le bon en nous.

J’avais encore cette peur de l’irrationnel,  comme si c’était hier , il y a un an. La crise des cadeaux, une gène intense , des larmes de force qui voulait dicter mon état malgré ma volonté à me satisfaire de ce qu’on avait pu donner à l’homme qui ne savait rendre en retour.

Cette année j’ai emballé fièrement mes petits présents , constatant que le passé ne m’aiderait pas à donner de la classe et du charme à ces cadeaux du momentané. L’intention a ce don de supprimer les défauts instantanément , il te suffit de faire comprendre à la personne que c’est pour elle , et voilà que devant elle une boite en carton minable devient un dôme de mystère aux couleurs chatoyantes.

La crise est alors passée, il fallait juste que je m’y mette, je me sens comme un nourrisson qui aurait appris l’existence de ces jambes à 12 ans.

Minuit n’a pas su nous donner la patience d’attendre , la tradition qui est d’attendre que quatre zéros se réunisse est devenue nulle à nos yeux. Un patriarche a gueulé comme un roi mage mais il n’a pu empêcher notre envie gamine de briser les lois de tout les monsieur à grandes barbes.

Rappelez vous donc que le meilleur moment pour ouvrir vos cadeaux , c’est lorsque qu’un deux fait la bise à un 3 , et qu’un 5 fait de même à cet ami le 3.

Vous l’aurez compris mais après ce soir il ne resta rien de plus que le lendemain trop morne et déjà vu , celui là avait retrouvé un sourire d’habitude et d’interrogations sur les lettres que j’envoyais inconsciemment en m’isolant dans mon cyber world téléphonique.

Matin et après midi ont passés comme tout le reste , le plat principal m’a éveillé dans un torrent de vrombissements d’estomacs , une plainte larmoyante qui m’a aussitôt donné envie de rentrer chez moi. Il m’a fallu un temps pour retrouver alors la noirceur que je pensais rencontrer une fois la porte d’entrée à ma portée.

Elle s’est ouverte lorsqu’elle a entendu aurevoir , me voila happé et pris de force par une main remplie de bouffe et d’une joie qui a la voix d’une chouette.

Saviez vous qu’il existe 18 teintes de noir ? Avec certains noirs,  on se noie après avoir posé un pied dehors , on s’étouffe et on se démène dans cette profondeur pour pouvoir retrouver un peu de blanc ou de gris. Parfois , on marche dessus en croyant qu’il fait encore jour , mais sans pouvoir percevoir une once grisonnante,  on marche alors en voyant ou l’on va sans savoir ou ça nous mène. Certains sont délicieux mais écœure trop vite les pupilles  , d’autres ont le chic pour endormir tout le monde y compris les grands vétérans du sommeil. Par surprise , d’autres viendront sous ton nez quand derrière toi un nuage de noir se dispersera à l’abri de toute volonté , pour vous le dire simplement le noir a ce don d’être un peu comme tout le monde , être lui même.

Ce soir là , le noir faisait une valse des étoiles , de loin la lune supervise les placements des danseurs dans la vaste salle afin qu’il ne se perde dans le manoir stellaire. Elle ne dansera avec personne si ce n’est avec moi notre amie petite lune , elle contemplera du mieux qu’elle le peux , un peu comme moi et les hommes à grandes barbes.

J’ai essayé de m’arrêter sur un recoin de route de campagne , mais encore inspirée par Halloween j’ai cru entendre la plus terrible des bêtes , on l’appelle l’accrocheuse de ferraille , c’est une main géante qui frappe à votre vitre avant d’agripper la portière de votre voiture. La légende dit que vous avez alors 10 secondes avant qu’elle n’ose entrer vous demander si vous ne pouvez pas la traîner sur le sol pour achever sa vie.

Une dizaines de secondes seulement , ou j’ai été satisfait de n’entendre qu’un crissement de pneu et un moteur cacophonique.

La porte défoncée de mon appartement , je constate avec tristesse que j’ai laissée avec moi le noir campagnard , la ville me donnera toujours sur mon balcon du gris morne , la lune me boude , je pensais qu’elle me suivait mais elle m’a lâchée en cours de route.

Il ne reste plus que moi et cette ville ou il fait toujours jour , des nuages de fumée reflètent les flambeaux orangées de lumière d’une vie de ville , les lumières ne s’éteindront pas avant les miennes.

Me voilà loin de mes attentes , c’est un rituel qui ne se perd pas , perdre à chaque pas, un nombre innombrable d’attentes.

-DKIA

Présent.

C’est à moi que sied le titre d’homme du passé , moi , qui n’est rien de plus qu’un écrivain qui soulève du monde de l’illusion des opaques voiles d’ensembles incertains.

Écrivain , ce titre rempli de sens sur mon bout de chemin aux multiples détours , c’est à croire que c’est encore un espace qui m’effleure jour et nuit , demain sera une réalité de railleries , puis après demain les méandres de bon sentiments.

Tout est une question de temps , et bien que je me perçois en permanence en train de le perdre tel un gamin perdu dans la forêt muni de miettes de pains , je le retrouve pourtant toujours.

Aujourd’hui c’est le rituel que j’avais oublié , muni de ma tendre amie à quatre roues nous partons sur les traces d’un héritage que j’avais entrepris d’abandonner. Un repas avec mes parents , ma grand mère , peut être qui sait , un traditionnel repas partagé entre le fade et le dégoût.  Il faut prendre garde au monde de l’autoroute , en un instant un démon mangeur de rêves peut t’assoupir à coup de radio ou d’horizons peu passionnantes. Aujourd’hui pourtant je me retrouvais quelques années en arrière , captivé par ce que j’avais connu et oublié.  Tout m’attend dans exactement 5 minutes , le gps dort à l’abri du froid dans ma boite à gants (qui ne contient jamais de gants) mais une horloge coule dans mes veines , née de l’habitude des longs hivers en moto à faire vroum vroum au près de la nuit et du jour. Dans le village, un enfant reproduit le vroum vroum de mes 16 ans , muni de sa petite bicyclette il prend le contrôle d’une grande place face à une église morte.

Je me suis toujours demandé pourquoi on n’enlevait pas les bâtiments qui sont crevés , de l’intérieur leurs fissures s’agrandissent et la poussière s’y installe , cette habitante éternel qui ravage nos nez si nous osons prendre d’assaut sa propriété. Hormis cette gosse de riche qui s’installe ou elle veut sans se faire poursuivre par la justice , il n’y pas une âme pour redorer le blason de la petite grandeur de l’église de Roquemaure , il fut un temps ou elle pouvait prétendre à être comme moi, cette carcasse de pierre , un être autant présent que dépassé.

Je constate avec une déchirure de la poitrine que mon amie la cabine téléphonique a rendu l’âme , elle est peut être déjà trop loin , trop occupé à être une punk dans une décharge avec son nouveau coloc le frigo déglingué. Ou peut être bien écrasée, modelée, exterminée, liposuccion forcée du broyeur de métal , tu n’es plus une cabine, ton nouveau nom sera cube de fer numéro 458625. J’étais cet unique confident , la seule bonté humaine qui dans ce monde venez lui insuffler un peu de vie. On ne peut laisser de coté ce caractère amical qu’on ne cesse de donner aux objets qui nous tiennent chaud le soir… Les rares nuits ou je m’abritais en toi de l’obscurité, des cris et des phrases qui se répètent et des ténébreuses soirées. Les méchants t’ont enlevés au moment ou l’intérêt que je te donnais en continu s’est abandonné à Toulouse dans un océan citadin , adieu donc vieille amie , je crains ne jamais te retrouver c’est ainsi.

Si j’avais le temps je me serai arrêté près de ce cimetière à deux pas de ton ancien emplacement , mais je sais au fond de mon cœur que je ne suis pas maître de ma voiture , elle continuera malgré tout à foncer vers son cap , la pédale de l’accélérateur ne fléchira pas derrière ma volonté sourde de m’enfuir de tout.

Je passerai avec le même pincement mon ancienne baraque , elle aussi n’est plus de mon monde , comme tout ces lieux ou je croyais être chez moi, voila que tout m’est si étranger.

Et bien que ma destination finale a encore en son sein des bricoles m’appartenant , même ma chambre s’est vidée de son éclat , le seul portrait de moi dans cette maison grisante où tout est terne , c’est cette photo de moi les doigts en l’air et les yeux clos. Même mon image refuse de voir , j’aimerai qu’un beau jour ce portrait libère ses paupières de cet exercice éternel , peut être que lui tout comme moi nous serions surpris après tout.

Ce qui est triste dans tout cela c’est que les choses s’arrangent , mais la vérité est différente. Me voila de nouveau dans les draperies d’un monde ou la soie ne glisse pas au toucher , je croyais qu’à mon retour je pourrai enfin glisser sur les couvertures oubliées sur le canapé , mais c’est toujours et encore le même coton poreux et désagréable. Encore et toujours le même cuir qui froisse ma peau humidifiée par la pluie.

Il existe encore des lieux sauf dans ce bout de terrain , des lieux ou mes parents ne sauront jamais que j’ai eu une influence , ce feu et ses cendres qui ont marqués d’un noir jais un endroit de mon terrain dans le plus grand des secrets par exemple.

Mais à ce jour rien ne change , après toute tragédie , c’est le rêve des happy end , que tout redevienne aussi brillant et éclatant que la situation initiale. Mais que faire quand au commencement , le monde n’était pas un conte de fée ? Et si je vous disais qu’il existe une vie en cette terre , qui n’est que drame puis tragédie avant de conclure en une fin des plus ennuyeuses ?

Bien sur c’est un ennui apaisant , un ennui que j’affectionne du mieux que je le peux , avec leurs sourires plein de gêne et leurs requêtes incessantes , leurs amours pleins de bouffe et de frics qu’ils me jettent à la gueule , c’est ça leurs amours , c’est ça et ça le sera toujours.

La seule différence est qu’il fut un temps ou je n’étais pas maître de ce lieu , j’étais sous l’emprise de leurs attentions qui n’étaient pas les miennes , dans le fond , drames et tragédies s’évanouissent légèrement bien que je ne peux le voir tout comme l’unique portrait aveugle de moi.

Je peux ainsi partir , je peux ainsi m’enfuir , je peux ainsi décider par pur caprice de ne plus jamais revenir.

Mais bien sur je ne le ferai pas.

Il est temps de quitter ces murs dans lesquels je reviendrai une semaine plus tard , la seule joie qui gambade est celle de ma chienne gaya , abandonnée ici sans la possibilité de pouvoir attraper de ses frêles membres son indépendance. Désolé petite chienne pleine de bonheur, le monde est encore trop cruel pour les chiens comme toi.

Ce jour est voué donc à l’oubli , adieu à toi aussi bien que seulement 7 jours nous sépare, je m’en vais de nouveau chez moi après avoir quitté tout ces lieux qui autrefois portaient ce nom là.

-DAD

Je désire le besoin.

Elle a des cheveux de feux et je lui conseille un verre d’eau pour guérir cette maladie , mais c’est vain et je le sais bien. Je suis derrière ce comptoir qui vend du rêve aux clients aux longues cernes , ils happent mon énergie , ce sont des suceurs de vitalité. C’est mon job de les faire revivre , on nous a bien dit qu’ils étaient mort et qu’il y avait peu d’espoir mais nous récupérons les cœurs brisés pour tenter de les coller avec du café , du thé ou du chocolat. Elle et moi nous regardons l’enchevêtrement de tables et de chaises moelleuses à souhait ou pique culs , dans la pièce , parfois , un des vampires sera clément et ménagera notre peine. Se comportant comme une fée du logis , il s’envolera sans que l’on comprenne comment vers l’évier pour nettoyer sa tasse à café et ses cuillères d’heavy métal. Saviez vous que le meilleur moyen de faire un capucino , c’est de plonger une cuillère d’heavy métal dans votre tasse. En tournoyant contre son désir la pauvre cuillère dans le café  fera des cris plus rauques que le rock donnant un effet mousseux , les vegans seront heureux d’apprendre le manque de souffrance animale dans cet acte.

A coté de la fille pétarde rouge feu , le teint doux d’une innocente qui tente de fabriquer un capucino en remuant avec une cuillère d’heavy plastique. Erreur fatale dont je laisse la responsabilité à une myriade de soldats du comptoir qui en voyant la tragédie se rue pour l’aider. Ils prennent la serviette posé sur mon épaule et soudain je me sens plus léger , voir trop , je flotte tel un ballon sans aucun contrôle et je dérive vers miss cheveux enflammés. Ah…Petite flamme qui pourrait me faire éclater à tout moment. Elle prend une guirlande de noël et m’entoure autour , elle veut se promener dans les alentours de cette petite pièce , de quoi errer 1 pas ou deux entre le canapé le plus noir de la contrée ouest au fauteuil le plus confortable au sud capitaine. Nous parlons alors de la vie , le saviez tu ? Je suis dans une relation libre , ce soir on m’a posé un lapin , l’herbivore est partie aussi vite qu’il a pu , c’est la deuxième fois et je suis triste. Et tandis que je raconte l’échappée de mon ami bouffeur de carottes elle rêvasse et devient nonchalante avec la logique , Chacun de ces gestes invoquent un nuage de douceur au creux des cortex cérébraux des clients , moi même je prétends être le soleil qu’elle a créee sans s’en rendre compte.

« Tu es trop sceptique , sois stoïcien !  » Je suis sceptique en effet , car je ne comprends pas ce mot , on arrive près de l’évier , elle me prend un verre d’eau qu’elle remplit d’épices diverses. On a cette chose , dans la pièce au comptoir de rêves , cette chose est une machine à épices. Plus l’on tourne la roue qui fait office de support et plus l’on découvre des senteurs et des saveurs qu’on rêve d’essayer. Elle se languit à la vision de chaque nouveauté , introduit dans son cocktail du ras al hanout et du ketchup. Elle me tend le verre et sans aucune once de doute je le déguste , en plus d’être délicieux je me rend compte que la gravité m’affecte de nouveau , me voila maintenant par terre , assommé par le carrelage.

Je me réveille chez moi , elle est la près de moi , mais je ne vois que trop bien son départ imminent , son sac à dos crépitant des mêmes chaleurs de bienséance que ses cheveux , elle pourrait enflammer mon appartement par mégarde je crois bien que je m’en moquerais.

« Soyons un minimum clair mais pas trop avant que je ne m’en aille , retiens que le stoïcisme c’est retenir le nécessaire , car trop de choses ne le sont pas. »

Je baisse la tête , crée un défilé mental de toutes ces personnes à lesquelles j’accorde une attention dont je ne verrai jamais le bout du nez. Cette longue marche de portraits que je connais parfaitement n’ose m’adresser en retour un salut , même courtois. Je suis le voyeur le plus dérangé de cette ville , j’admire sans être admiré.

En relevant le menton je crois l’apercevoir mais ce n’est que son ombre qu’elle a encore oublié la , son ombre mâche mes feuilles de révisions , le nécessaire voudrait que je me rue sur elle pour l’en empêcher mais il est bien trop tard pour ne pas remettre à demain cette entreprise charnue.

Encore un soir dans la déception et le désir que revienne mon ami à pelage bouffeur de crudités , mais dans le nécessaire se lit la courbe d’une joie qui me fait oublier ces petits êtres anodins , gambadez donc dans les champs de mon esprit ,  ne revenez pas , et faites ce que vous avez donc toujours fait.

Le plus grand des lapins est un ours , je l’aime car il rugit avant que je ne parle , on se comprend si bien que je marche dans ses empreintes de papates sur la neige crissante , je rigole à ses jeux de mot à poiler avant de lui voler un peu de son miel. Lui n’est pas parti pour très longtemps, vous comprenez il est juste en voyage , les ours hibernent au cours de l’hiver , c’est peut être car à deux c’est encore mieux de dormir dans les bras d’un tout poilu. En tout cas c’est sûr que c’est plus confortable que de dormir avec un lapin.

Ce soir je brûle le champ , le temps se perds et j’ai horreur de ne pas pouvoir le récupérer au service après vente de la vie , parfois les objets trouvés me donnent une rallonge mais ce n’est qu’un sentiment âpre qui me dit « tout aurait tellement pû être mieux , tu t’en rends compte ?  » RAH mais fous moi la paix oui je m’en rends compte.

La fille aux cheveux rouges est rentrée chez elle , elle n’est plus que prisonnière du monde trop vaste et d’un TGV filant le vent et la nuit naissante, l’harmonie se ressent soit chez soi , soit aux comptoirs des rêves , mais ne faîtes jamais confiance aux lieux qui ont un trop grand horizon. Moi tout comme elle , tout comme les soldats , nous nous retrouverons sur le champs de bataille dès que 16h sonnera. Il sera alors temps de prendre en main ce fameux patrick stroiciste , lui serrer la main et lui faire comprendre que c’est un gars chic ! Autour d’un saucisson et du houmous mon esprit lui aura accordé le bénéfice du doute aujourd’hui , un doute que je laisse aujourd’hui mûrir en ces lignes.

-DIAD

2h08

C’est l’heure à laquelle se termineront les songes et les petites vies sous formes de sucrettes. C’est l’heure à laquelle les mots réveillent les morts , mais les morts ne se réveillent jamais , piégés dans des micro-sommeil acharnés et encombré potentiellement par 8 tonnes de terres comme seul horizon.  Je suis las dans mon lit et je vois flotter la réverbération d’une fin de conversation , un bip bop qui s’est fini en pshiou. Il y a des bruits fantômes qui planent pour m’effrayer mais ils sont loin d’y arriver , ça compresse mon crâne qui veut rendre l’âme sans qu’il comprenne que les yeux fermés, nos paupières répareront tout cela en un clin d’œil. Des mécaniciens acharnés résident sous nos paupières , on les appelle les enviés. Ils font parties de la dream team et vivent de résidus et de films de mauvaises qualités sans aucune qualités scénaristiques. Forcés à regarder tout les soirs un condensé de pulsions et de nerfs en pèle-mêle. J’ai rencontré un garçon au delà du vivant , il a laissé ce soir des vapeurs de libido dans ma chambre. Ce n’était pas lui que j’étais sensé voir , celui la est déjà somnolant pris de peur de se faire attraper par jack frost il s’enveloppe de milliers de couettes , et pour lui tout les matins , c’est comme s’il se réveillait d’un étranglement. L’homme frôle la mort au petit déjeuner , Pourquoi se mettre autant de pression bon sang , à son âge , une si bonne tension , ça serait bête de gâcher tout ce potentiel. Mon ordinateur chante deux mélodies en boucles , dans un univers parallèle je l’aurai jeté en pensant qu’il y a un problème de lectures. Ici je connais la cause mais je n’ai pas le temps , ni l’envie. Un homme a fumé une cigarette de désir tout en étant à 56km de chez moi , c’était intense à sa manière et à la fin j’étais un peu déçus. Ses bras n’étaient pas assez long , ne dépassant même pas l’autoroute A14. Et ses jambes furent coincés dans une barrière près de rouffiac. Sa tête quand à elle , on ne l’a plus jamais revu , c’était à moi ou à lui de lancer l’appel de ralliement. Garde à vous , jamais de repos. Monsieurs , érigez votre engin , soyez des hommes , plus vous coucherez , plus vous gagnerez. MST comme plaisir anal vous y gagnerez potentiellement au change.

 

Mr.56 a laissé une odeur de doute , son sourire a le don de n’être pas un soleil , sans être illuminé il me montre une voie en avant , la seule que je puisse partager avec lui cependant ,un lit , une soirée et une discussion pleine de flammes et de touchers. Mais c’est une promesse aux lendemains qu’on ne saurait voir , une douce sérénade qui me laisse pantois face à l’imaginaire de ces secondes sous forme de pack de 3 minutes. Tout est plus long à deux , tout est plus intense aussi. Ma chambre deviendra une piscine et nous n’oserons pas le dire mais des je t’aimes resteront coincés en fin de route. Par la simple peur de l’énonciation du mot fatal , il nous sera interdit de prétendre que la vérité est un enfer. Car la vérité a un gout de cake , ces je t’aime sont si simple au point d’en devenir une prise de tête. Ces je t’aime , ils peuvent être compris et hai. Ces je t’aime , on les envoie avec des roses ou lors d’une pénétration vigouruse.

Des je t’aime coincés , il y en a partout dans le monde , les hommes s’étouffent comme l’homme aux milles couettes tout les samedis matins en voyant dans leurs miroirs la forme des cœurs et des lettres d’amour entreposés dans un coin de la trachée. Le docteur est formel : « Vous êtes malade ma pauvre dame , vous avez la maladie la plus grave qui soit , faites vous poussez des couilles , ayez les ovaires pour expulser vos petits coeurs , ça fera mal peut être après mais la plaie ne sera jamais guéri si on ne l’ouvre pas. » C’est un docteur de luxe alors il sait très bien que rien ne changera.

Nos je t’aime en fait ne viendront pas , ta présence je la vois dans une fiction ou tu ne serais même pas un personnage secondaire , c’est triste de voir à quel point l’irréel omet le détail le plus vivant du monde réel. Le monde est mort autour de moi alors que je cherche à le faire vivre , un chien m’a souri dans une pensée et je pense ne plus jamais le retrouver.

1h35

Minuit a été tué , on ne le retrouvera jamais , chaque soir à la même heure le crime de la journée c’est celui de constater qu’on a pas ramassé les cadavres d’hier. Tic , toc , tic , toc , j’ai encore marché dans des tripes merde. Mr.56 , je vous dis à bientôt , mon estomac brûle d’une chaleur qu’il n’est pas nécessaire de guérir , je trouverai le temps de vous appeler en urgence au nom de ma santé mentale.

Alors il s’en va en repliant un à un ses membres dans ma planète bleue , il fut le numérique et je souhaite capturer une image en vrai , mais il est trop tard pour revenir sur ses contours et ses lignes abstraites.

Tout semble cuit , mon estomac fait cui cui , mon cerveau roupille déjà

-DOD