Quand viendra le temps ou tous les hommes rêveront de mourir heureux ?

CHER JOURNAL !

Cela fait bien longtemps que je ne t’ai pas appelé ainsi , je pense qu’au fond de moi ton existence m’apparaît lorsque mes jours ne sont pas gris , je te confirme que dehors le ciel est azur même pour des grands yeux noisettes comme les miens.

A chaque exploration de mes mots passés l’envie folle d’écrire me prend , j’imagine la honte à venir si un jour on utilisait mes mots comme moyen de pression ou pour prouver une sorte de haine ou d’amour absolu , une invasion de smartphone gigotant devant mes yeux avec en arrière plan des « T’AS ECRIT CA SUR MOA HEIN ?  »

Aujourd’hui le soleil ne brûle pas plus mes lèvres que cette question qui trotte en moi , plus vif qu’un cheval la mort et la joie s’opposent en dual médiéval sans que je ne comprenne pourquoi.

Quand viendra le temps ou tous les hommes rêveront de mourir heureux ?

Oui c’est le titre.

Mourir heureux c’est voir le passé devenir un nouveau futur , ne plus se soucier de ce qu’on laisse et se dire que notre mémoire a marqué désormais le monde , vouloir laisser une trace pour beaucoup consiste en un acte final de la vie , pas de dénouement juste une happy end teinté d’une mort pour un épilogue guimauve.

Mourir heureux c’est comprendre enfin que le monde n’est pas un musée , je ne veux pas me transformer en statue de pierre à chaque fois qu’un homme me regarde , je veux être celui qui regarde , celui dans l’ignorance de la haine au nom de la connaissance du tout.

Mourir heureux c’est ne pas attendre , ne rien laisser en suspens , achever tout peut être un peu trop vite , ne plus compter les minutes mais les vivre car s’il en reste c’est bien pour une raison , profiter de l’attente pour se plonger dans une dernière danse , puis voir si la vie nous réserve un bonus de secondes pour le combo d’une vie vécue.

Mourir heureux c’est voir ses rêves prendre forme sans qu’ils prennent ton univers , les laisser prendre assez d’ampleur mais les garder transparent , ne rien perdre , tout gagner , voir derrière la transparence des sourires aux longs bras te mimant de venir , les suivre sur un phare , un bateau , une maison , un village , partout.

Mourir heureux c’est projeter la souffrance au loin , la voir grandir tout comme les combats à venir , pour mourir heureux il faut surpasser bien des épreuves , le boss final , l’arme la plus cheaté a besoin de ton coeur , la vie n’est pas aussi facile qu’un jeu et c’est sur un coup qu’il faut y aller , mais mourir heureux c’est aussi mourir brave.

Mourir heureux c’est accepter qu’on meurt tous heureux , vivre dans la peur d’une vie qui nous attend , regretter chaque instant d’un complice regard mais coupable aux noms des regards de pierre , peu importe , mourir heureux c’est bel et bien mourir , c’est bel et bien la mission de tous.

Mourir heureux cela peut être tes bras qui me serrent tandis que tu cries mon nom , tes larmes comme dernier contact que je ressentirai , mourir heureux c’est peut être bien perdre tout mes sens dans la rue et voir la panique des gens , vouloir leur dire que tout va bien , qu’ils peuvent me laisser dormir , ma mission était le bonheur et elle s’est terminée plus tôt que prévu , et en bien.

Mourir heureux c’est peut être même une lumière qui te frappe , qui t’emporte , ton corps en débris , écrasé , envolé , écrabouillé , déchiqueté , engourdi , faibli , pourri , détruit.

Mourir heureux c’est peut être un instant trop court tout comme un moment trop lourd , c’est tes derniers mots tout doux pour ne pas choquer les yeux diamants embués qui te regardent , prenant conscience du poids de l’existence et du destin qui les attends.

Mourir heureux….en voila une grande question , en voila une grande quête , une aventure d’années en années qui voilent tout nos désirs , si un héros pour sauver le monde devra aider la crémière , j’aiderai cette même crémière au nom d’une mort heureuse , mais ne t’inquiète plus cher enfant , mourir heureux ça demande de l’oubli , des couches d’horizon à explorer et deux mots bien singulier : vivre heureux.

-DOD

 

Sourde mais pas muette.

La pluie s’est abattue sur moi dans la rue , je courrai sans trop vouloir , un peu comme guidé par la main de ma mère me traînant pour échapper au torrent du ciel , elle qui l’a toujours été , elle qui le sera à jamais , sourde mais pas muette.

J’aurai du comprendre il y a des années que dans son regard il y avait un appel à l’aide , mes mots ont rebondis sur elle jusqu’au début du reste de ma vie et j’ai peur de le dire mais chaque matin il ne me reste qu’un rien avant la fin de notre monde.

C’est une statue digne des plus grands muséums , elle a tant à dire mais n’écoute rien , se soumet au regard si il la sied comme une grande femme , mais la vérité est au delà des légendes , cette femme attend un miroir pour révéler qu’elle n’est qu’une pierre.

Mais cette mer qui m’engloutit n’est pas la pire , la haut dans mon cortex je devrai garder en arrière plan notre père , lui est bien muet , il se meurtrit sous des coups imaginaires portant mon nom , ça fait mal jour après jour , comme une leçon trop douloureuse à l’école de la vie.

Renié sans qu’on le dise , c’est le supplice du petit garçon sous la pluie , lui qui fut aimé avant que la vérité n’éclate , il y a toujours l’amour mais lui ne le voit plus sous le même angle.

Alors que sonne le tonnerre dans son appartement d’étudiant , dans leurs coin de campagne le soleil mime un sourire rayonnant au milieu d’une pluie pleine de violence , tout est prétexte à être sourd mais pas muet , défendre ce qu’on croit être la victoire de nous et la défaite de tous.

Le petit garçon en a marre , veut s’échapper des mensonges qui durent , des mains trop rugueuses de l’attention , il fuit rattrapé à jamais , sans qu’on lui demande pourquoi.

Les années ne se comptent plus quand le supplice dure plus de 10 ans , je me vois à devenir sourd et bien muet , fuir des ruines qui trouveront toujours le chemin pour m’ensevelir.

Dans le noir on a au moins le mérite de vivre le rêve éternel , prends garde aux cauchemars petit gars ils frappent à ta porte depuis bien deux semaines , ils ont l’âpre texture d’un passé poussiéreux dans l’air qu’on balaye en vain , c’est pour ça surement que je t’ai aéré en ce 7 juillet , besoin de respirer.

Peut être que toi et moi petit gars on sera toujours dans l’attente , notre aventure semble tragique et pourtant je te jure que c’est bel et bien une saga , une saga dont les premiers épisodes sont trop flous et les derniers trop clairs….l’avenir s’étend encore beaucoup trop pour nous ,  attendre le tome 20.

Si tu as une réponse petit gars ça serait le moment , je fuis et c’est nouveau car avant je ne faisais rien , et quoique tout cela semble bien désuet je me dis que le destin réserve un tour aux fuyards dans mon genre , j’espère t’avoir comme allié doux vent car je ne te veux pas comme ennemi , à moi tout seul j’arrive très bien à soulever la douleur.

04:47 Mon élixir m’appelle au lit , il aura l’agréable saveur d’une confusion amnésique et d’un shooter de Morphée , bonne nuit petit homme de la pluie , c’est quand nos yeux se ferment que le jeu veut bien se calmer , et que la chandelle n’en vaut plus la peine.-

-DHY